Archive for October 14th, 2007
Krach financier : Goldman Sachs place ses hommes
Krach financier : Goldman Sachs place ses hommes
Goldman Sachs pourrait avoir été désigné par l’oligarchie financière pour diriger la dégringolade du système financier, et ses marges de profit, prétendument énormes par rapport à d’autres banques d’investissement, seraient le « privilège royal » reçu pour son rôle dans ce complot. Un élément clé de leur stratégie consiste à placer leurs anciens cadres dans les plus hautes allées du pouvoir pour servir de relais à leurs stratégies. Ils en ont placé, par exemple, parmi les dirigeants de l’Equipe de protection contre les plongeons aux USA, le groupe de banques privées qui avec la Réserve Fédérale, est chargé de gérer les risques systémiques et parmi ceux du Forum de la stabilité financière internationale qui joue le même rôle au niveau global. En plus, les anciens de Goldman Sachs sont aussi au Comité de régulation des marchés de capitaux et à Citygroup. Henry Paulson, le Secrétaire au Trésor depuis l’été 2006, était Pdg de Goldman Sachs, dans laquelle il a fait carrière depuis 1974.
Au sommet de toutes ces institutions, ils finissent par diriger des pays entiers. Prenez l’Italie comme un premier exemple de cela. L’actuel premier ministre Romano Prodi était un conseiller payé de Goldman Sachs, et en tant que premier ministre, il a introduit un autre cadre de Goldman Sachs dans son gouvernement, Massimo Tononi, sous-secrétaire des finances en charge des privatisations. Les rumeurs racontant que Linda Costamagna, l’épouse du cadre de Goldman Sachs Claudio Costamagna, avait financé la campagne électorale de Prodi, n’ont jamais été démenties. Le gouverneur de la Banque d’Italie, Mario Draghi, qui est le président du Forum de la stabilité financière internationale susmentionné, avait servi en tant que président européen de Goldman Sachs pendant quatre ans, avant de devenir un banquier central. Il est aussi connu comme « M. Britannia », car c’est là que l’oligarchie financière a décidé de lancer l’opération « mains propres » qui a déconstruit toute la classe politique italienne dans les années 90. Il y a aussi, Mario Monti, ancien Commissaire européen, qui a depuis rejoint Goldman Sachs, tout comme le sous-secrétaire d’Etat du gouvernement de Berlusconi, Gianni Letta, son « ministre de cabinet », pour ainsi dire. Être au sommet n’a jamais semblé aussi facile.
Dimanche 14 Octobre 2007
Solidarité et Progrès
Hubert Védrine : ‘Des conflits énormes se préparent’
Hubert Védrine : ‘Des conflits énormes se préparent’
Vous avez rendu votre rapport sur la mondialisation à Nicolas Sarkozy en soulignant que la France devait être “amie, alliée, pas alignée”. Y a-t-il un nouveau choix atlantiste depuis la présidentielle ?
Le président Sarkozy a réendossé cette formule “amie, alliée, pas alignée”. Il faut voir ce que cela donne en pratique. Il est évident que la tentation existe. Elle existe dans sa majorité, dans certains courants à gauche, dans une partie de l’opinion, plutôt dans les élites. Par exemple, sur les questions de l’OTAN. Le général de Gaulle était sorti après plusieurs années où il avait négocié avec les Américains pour que l’alliance donne plus de place aux alliés. C’est parce qu’il n’a pas réussi qu’il a fini par sortir. Il n’est sorti qu’en 1966 alors qu’il était là depuis 1958. Les militaires souhaitent y rentrer car ce serait plus commode pour eux, plus pratique, plus prestigieux, plus inter-opérationnel. Mais cela n’a pas d’intérêt. En revanche, utiliser l’idée d’un retour possible de la France dans une alliance réformée, faire de la disponibilité française le levier d’une réforme qui permettrait un pilier européen dans l’alliance de s’exprimer, cela n’est pas critiquable a priori.
La visite de Nicolas Sarkozy à George Bush cet été, et les déclarations de Bernard Kouchner sur l’Iran marquent-elles un changement de politique ?
Pas encore. Cela peut le devenir. Le fait d’avoir des relations moins mauvaises avec les Etats-Unis, c’est ce que Jacques Chirac a fait pendant les deux dernières années. Il a passé tout son temps à corriger non pas le fond – puisqu’il avait raison dans l’affaire de l’Irak -, mais à corriger les dégâts psychologiques, amicaux, sentimentaux, notamment avec l’opinion américaine, y compris les anti-Bush. Et Nicolas Sarkozy, en ce moment, n’est pas en rupture avec la dernière période Chirac sur les Etats-Unis. Le fait d’aller en vacances aux Etats-Unis, de rencontrer à cette occasion le président, ce qui est la moindre des choses, ce n’est pas une inflexion. Ce serait un vrai changement si, finalement, il nous disait dans quelque temps, j’ai posé les conditions pour l’OTAN mais c’est plus compliqué que prévu et cela gêne les Britanniques, mais c’est plus important de rentrer dans l’OTAN et donc on y va…
Bernard Kouchner a-t-il eu raison d’utiliser le mot “guerre” à propos de l’Iran ?
Dire qu’un conflit est possible, cela ne me choque pas car je ne suis pas dans le langage béni-oui-oui. Je pense qu’il y a un risque de clash. Samuel Huntington a été mal compris. Il n’a pas préconisé la guerre des civilisations, il a dit : il y a un risque. Nous ne sommes pas dans la gentille communauté internationale, où l’histoire n’est pas finie. Il y a des conflits énormes qui se préparent. La bonne attitude est de dire, comme Huntington, que c’est une perspective qui existe. Nous la refusons et nous allons tout faire pour que cela ne se produise pas (…) Il faut éviter la tentation occidentaliste. L’occidentalisme étant à l’Occident ce que l’islamisme est à l’islam. (…) Ce qu’a dit Bernard Kouchner là-dessus ne m’a pas gêné. Sur l’Iran, la phrase-clé est celle du président Sarkozy, en disant il faut tout faire pour échapper au choix entre la bombe iranienne ou les bombardements. Evoquer la guerre, c’est sans doute trop tôt.
Propos recueillis par Raphaëlle Bacqué, Thomas Hugues et Stéphane Paoli
Dimanche 14 Octobre 2007
IRIB
Le travail silencieux de la CIA en Bolivie et au Venezuela
Le travail silencieux de la CIA en Bolivie et au Venezuela
Le gouvernement des Etats- Unis a presque mis au point une méthode d’ingérence qui parvient à pénétrer et infiltrer tous les secteurs de la société civile dans un pays présentant des intérets économiques et stratégiques. Dans le cas du Venezuela,cette stratégie commence à prendre forme en 2002 avec l’augmentation du financement de secteurs de l’opposition à travers le National Endowment for Democracy (NED) et l’ouverture d’un bureau de transition (OTI) de l’USAID à Caracas.
Ces efforts réussirent à ce moment à consolider un mouvement d’opposition,qui malgré l’échec du coup d’état,parvint à causer de sévères dégats à l’industrie du pétrole et à l’économie nationale au travers d’un sabotage économique et une grève des gérants et chefs d’entreprises.
Après une division dans l’opposition,la stratégie a réorienté sa ligne principale vers les communautés à bas revenus,les secteurs chavistes,la communication et les besoins à l’intérieur du pays.
L’ambassade US à Caracas a ouvert une série de” consulats satellites” (American Corners)dans cinq états du pays,réussissant -sans l’autorisation du Ministère des Relations Extérieures – à avoir une présence officielle dans des régions importantes pour la vision énergétique de Washington.
Ces Etats: Anzoategui,Bolivar,Lara,Monagas y Nueva Esparta (Margarita) sont riches en pétrole,minéraux et autres ressources naturelles dont les EU chechent le controle.
Ces bases US trouvèrent une place dans des associations d’avocats et mairies municipales de l’opposition et continuèrent à fonctionner comme centre de propagande et conspiration contre la révolution bolivarienne.
Le travail de USAID et son OTI au Venezuela a contribué à approfondir la subversion contre- révolutionnaire dans le pays.
Jusqu’à juin 2007 plus de 360 “bourses” ont été accordées a des organisations sociales,partis politiques,communautés et projets politiques au Venezuela à travers la DAI,société sous contrat USAID qui a ouvert un siège au secteur El Rosal de Caracas en juin 2002.
Depuis le centre de Caracas,la DAI/ USAID a donné plus de 11.575.509,00$ à ces 360 groupes et projets au Venezuela sous le programme “Venezuela:Initiatives pour la Construction de la Confiance” (VICC) . La majorité des programmes financés par la DAI visent (selon leurs matières) “le dialogue politique,le débat public,la participation citoyenne et l’entrainement et mise en place de leaders démocratiques”.
Les organisations financées et participantes comprennent: Sumate,Primero Justicia=Justice d’abord,Un nuevo Tiempo,la Mairie de Chacao,Liderazgo y Vision,Los del Medio,Convive,Transparencia Internacional,Institut Presse et Société,Queremos elegir=Nous Voulons Choisir,L’Université Métropolitaine et d’autres groupes liés à l’opposition.
L’USAID/ OTI finance également les partis politiques d’opposition comme Primero Justicia,un Nuevo Tiempo,Action Démocratique,COPEI,MAS entre autres à travers les ramifications internationales des partis US : l’Institut Républicain International (IRI) et l’Institut Démocratique National (NDI).
Depuis 2002, plus de 7 millions de $ ont été investis en assistance technique à ces partis d’opposition au Vénézuela de la part de USAID avec l’IRI et NDI.
Les soi-disant ” défenseurs des Droits Humains” au Venezuela ou ONG (organisations non-gouvernementales) reçoivent la grande partie de leur financement via la “Freedom House” autre sous -traitante de l’USAID-OTI au Venezuela. Freedom House a sponsorisé,couvert des événements comme les “menaces à la liberté d’expression du XXI° siècle”, avec la participation de Marcel Granier, Président du canal télévision putschiste RCTV, en collaboration avec Karen Hughes,la sous-secrétaire du Département d’Etat pour la Diplomatie Publique et les Affaires Publiques qui supervise la Voix de l’Amérique et d’autres médias de propagande de Washington.
Freedom House finance également des institutions comme le Centre International pour le Conflit Non-Violent (ICNVC) qui enseigne les techniques de la “résistance” de Gene Sharp et ont formé des mouvements de jeunes et étudiants en Serbie,Ukraine,Géorgie,Biélorussie et Venezuela. Son président de 2003-2005 fut James Woolsey,ex directeur de la CIA et son actuel président,Peter Ackerman est un banquier multimillionnaire qui a sponsorisé les “changements de régime” en Serbie,Ukraine et Géorgieà travers l’Institut Albert Einstein et son ICNCV. Le fils d’Ackerman a participé au massacre du peuple irakien à Fallujah.
Le dernier sous-traitant de l’USAID au Venezuela est la Fondation du Développement Pan Américain (PADF) dont la mission est d’appuyer la société civile.
La PADF a accordé 937.079.00 $ à 14 ONG vénézueliennes depuis fin 2006. Pour l’instant les noms de ces groupes sont inconnus.
Les dernières informations publiques de l’USAID dénotent qu’en aout 2007, ils organisèrent une conférence rassemblant 50 maires de tout le pays pour traiter du thème de la “décentralisation” et des “réseaux populaires”. Ce thème est tres semblable au projet développé actuellement par Léopold Lopez,maire d’opposition de Chacao.
Le programme USAID-OTI au Venezuela s’engage à continuer ses efforts pour “renforcer la société civile et les partis politiques”, “promouvoir la décentralisation et les conseils municipaux” et “entrainer les défenseurs des droits humains”.
Le Congrès US a déjà approuvé 3,6 millions de dollars pour le bureau du Venezuela en 2007/2008 , ce qui indique que cette subversion ira en croissant et menaçant la révolution bolivarienne.
Bolivie
Mais le Venezuela n’est pas la seule cible de la subversion et de l’ingérence américaines au travers de l’USAID et ses millions de dollars en financement à des mouvements d’opposition.
En mars 2004,l’USAID a ouvert un autre Bureau d’Initiatives de Transition (OTI) en Bolivie pour soi-disant aider à “réduire les tensions en zones de conflits sociaux et appuyer le pays avec la préparation d’événements électoraux”.
Dans ce cas ,l’USAID engagea l’entreprise américaine Casals & Associates,Inc (C& A) pour gérer les 3,3 millions de dollars accordés à 379 organisations,partis politiques et projets en Bolivie.
C & A joue le rôle en Bolivie de la DAI au Venezuela,et autant que la DAI, C& A est une entreprise avec d’importants contrats avec le Département de la Défense,l’Armée US,le Département de l’Energie, Broadcasting Board of Governance,la Voix de l’Amerique,le Bureau des Transmissions ( de propagande) à Cuba,le Département de Sécurité Intérieure,le Département d’Etat et bien plus encore.
Jusqu’à ce jour, C & A a oeuvré en exécutant des programmes interventionnistes issus des différentes agences de Washington et ce dans plus de 40 pays dont l’Albanie, Arménie,Bolivie,Colombie,,République Dominicaine,Salvador,Guatemala,Madagascar,Malawi,Mexique,
Nicaragua,Panama et Paraguay.
En Bolivie,l`USAID-ATI a concentré ses efforts pour combattre et influencer l`Assemblee Constituante et le séparatisme des régions riches en ressources naturelles comme Santa Cruz et Cochabamba. La grande partie des 13,3 millions de dollars a été donnée a des organisations et programmes travaillant a “renforcer les gouvernements régionaux dans l`intention d`affaiblir le gouvernement national d`Evo Morales”; “créer des liens entre les groupes indigènes et les structures démocratiques” ; “offrir des opportunites économiques et de développement communautaire” ; “éducation civique pour leaders émergents” et “diffusion d`information”. Les nobles thèmes de ces programmes indiquent que Washington cherche a miner le pouvoir national d`Evo Morales en Bolivie, pénétrer et infiltrer les communautes indigènes majoritaires dans le pays, promouvoir le modèle capitaliste et influencer les moyens de communication par une propagande pro-américaine,pro-capitaliste et anti-socialiste.
Le programme de l`USAID-OTI en Bolivie appuie ouvertement l`autonomie de certaines régions comme Santa Cruz,Beni,Pando et Tarija pour la promotion du séparatisme et la déstabilisation du pays et du gouvernement d`Evo Morales.
Le National Endowment for Democracy (NED) autre organe financier de Washington qui assure la subversion et l`ingérence dans plus de 70 pays du monde dont le Venezuela, finance des groupes dans des régions comme Santa Cruz en faveur du séparatisme. L`actuel ambassadeur US en Bolivie, Philip Goldberg, est expert en séparatisme, ayant été chef de mission en ex-Yougoslavie qui fut divisée en deux pays : la Bosnie et la Serbie, avec “l`aide américaine”.
Le gouvernement d`Evo Morales a déjà dénoncé publiquement cette subversion via l`USAID en Bolivie, en prévenant le gouvernement des USA qu`il devait obéir aux lois du pays ou opter pour s`en aller. “La porte est ouverte” a déclaré le porte parole du gouvernement bolivien ces jours-ci, faisant référence à l`ingérence US dans son pays.
Néanmoins, Washington ne s`en ira pas facilement. Ce réseau d`ingérence et de subversion ne sera pas facile à éradiquer. Le président Chavez a proposé dans sa réforme constitutionnelle ,un changement de l`article 67 qui inclus une interdiction de financement à des fins politiques et aux campagnes politiques de la part d`entitès publiques ou privées de l`étranger.
Il est essentiel de définir le concept “buts politiques” car dans de nombreux cas,les ONG et groupes défendant les droits humains refusent d`être classés à “buts politiques”. Mais nul ne peut nier que les droits humains sont un thème fondamentalement politique et c`est le terrain où se cache aujourd`hui la subversion de Washington utilisant les ONG comme bouclier.
Il apparait clairement la nécéssité urgente de développer des stratégies pour empêcher cette subversion au Vénézuela,Bolivie et dans tous les pays frères aujourd`hui sous le joug de l`empire et qui luttent pour exprimer leur propre volonté et souveraineté.
Eva Golinger est avocate et chercheuse dans le domaine de l`ingérence US au Venezuela et en Amérique latine.
Auteur du “Code Chavez” dénoncant l`intervention US au Vénézuela. Préface de Michel Collon
Ce livre est disponible via la page d’accueil du site:
http://www.michelcollon.info
Blackwater peut être légalement ce soir dans votre ville
NOUS NE FERMERONS PAS NOS GUEULES…
Depuis quelques mois je parcours l’Amérique, du Colorado à la Californie, et je parle avec des Américains de toutes les couches de la société sur les questions des libertés, sur les attaques qu’elles subissent en ce moment et sur le programme en dix étapes qui est en cours pour faire de ce pays une société fermée et répressive.
NOUS NE FERMERONS PAS NOS GUEULES…
[par Naomi Wolf - 10/10/2007 - Trad. Grégoire Seither]
(Naomi Wolf est l’auteur de l’ouvrage “The End of America: A Letter of Warning To A Young Patriot”.)
http://libertesinternets.wordpress.com
La bonne nouvelle est que les Américains se sont réveillés et sont conscients des dangers qui les guettent. Quand je me suis mis en route je pensais que j’allais affronter de l’opposition, de la résistance ou au moins de l’incrédulité quand je parlerais de l’obscurité qui s’étend lentement sur notre pays et l’héritage de liberté que nous ont légué nos ancètres.
Mais je me retrouve à parler devant des assemblées qui n’ont pas besoin de moi pour être inquiètes. Des gens qui ont peur, qui ont perçu depuis longtemps le danger qui grandit et la société qui se prépare.
A mon grand soulagement, j’ai redécouvert une société américaine qui est intelligente et alerte, courageuse et indomptable, des gens qui n’ont pas peur d’entendre des mauvaises nouvelles et d’agir en conséquence. Et ce sont des patriotes, des vrais, qui aiment leur pays à cause des valeurs sur lesquelles il a été construit.
Mais je suis écorchée vive par les histoires que l’on vient me raconter lors de ces réunions. Et je n’arrive plus à lire mes mails ces derniers temps, tellement ils sont pleins de témoignages effarants.
Et partout où je vais, il y a toujours, au moins une fois par jour, une personne dans l’assemblée qui se lève pour parler. Elle a toujours l’air solide et forte, courageuse… et soudain elle va se mettre à pleurer, submergée par la peur, au beau milieu de son témoignage.
L’autre jour, à Boulder, une jeune mère de deux deux enfants, la trentaine, l’image même de la jeune américaine dynamique, s’est effondrée alors qu’elle me parlait : “Je suis outrée par tout ce que j’entends et vois, je voudrais tellement faire quelque chose ! Mais j’ai tellement peur. Je regarde mes enfants et j’ai peur. Comment lutter contre cette peur qu’ils ont plantée en nous ? Qu’est ce qui est mieux pour l’avenir et la sécurité de mes enfants ? Est-ce que je dois agir et tenter de changer les choses ou bien me taire et ne pas me faire remarquer ? J’ai tellement peur de me retrouver fichée quelque part.“
A Washington DC, la semaine dernière, un directeur de service dans une administration, ancien joueur de foot, beau gosse, probablement membre du Parti Républicain, m’a confié, loin des micros, qu’il avait peur de signer le papier autorisant le FBI d’accéder à toutes les informations le concernant, comme l’y encourage l’agence anti-terroriste. “Mais en même temps, j’ai peur de ne pas le signer, si je ne le fais pas, je risque de perdre mon boulot, ma maison… c’est comme en Allemagne lors du fichage des fonctionnaires” me dit-il d’une voix résignée.
Ce matin, à Denver, j’ai parlé pendant plus d’une heure avec un très haut et très courageux gradé de l’armée, hautement décoré qui s’est retrouvé sur la liste des personnes surveillées (et interdites de prendre l’avion) parce qu’il a critique la politique de l’Administration Bush. Il m’a montré des documents qui prouvent que non seulement il est surveillé par les services secrets mais que toute sa famille est également espionnée et harcelée. Tout au long de sa carrière militaire, cet officier a mené de nombreuses missions très dangereuses au service de son pays, mais aujourd’hui, quand il me parle de sa crainte que ses enfants soient harcelés par le gouvernement à cause de ses opinions, sa voix se brise.
Ailleurs je suis abordé par un avocat qui travaillait pour le Ministère de la Justice. Un jour elle s’est opposée à “l’interrogatoire musclé” d’un détenu qui subissait une technique reconnue comme étant de la torture. Non seulement elle s’est retrouvée devant une commission de discipline mais en plus elle a été sujette à une enquête criminelle, a perdu de l’avancement, a vu son ordinateur fouillé et ses mails effacés… et maintenant elle est sur la liste noire et ne peut plus prendre l’avion.
Lors d’une conversation dans une soirée un technicien informatique travaillant pour une grande compagnie aérienne – et qui ne fait pas mystère de sa sympathie pour le Parti Républicain – m’explique qu’une fois que vous êtes sur la liste, il est impossible d’en sortir. “Même si on te dit que ton nom est effacé, ce n’est pas vrai, nous avons un système double qui n’efface jamais rien.”
Elisabeth Grant, de la coalition contre la guerre, a montré lors d’une conférence de presse la note manuscrite et le petit drapeau américain retrouvé dans sa valise après un voyage en avion. La note disait que l’agence anti-terroriste n’appréciait pas ses lectures.
Comme à l’époque du Mur de Berlin, quand je fais le queue pour me faire fouiller dans les aéroports, je me surprends à passer une nouvelle fois en revue le contenu de mon sac.
L’autre jour, à New-York, je me suis fait violence en jetant à la poubelle un exemplaire du dernier livre de Tara McKelvey “Monstering” que j’étais entrain de lire. Cet excellent ouvrage dénonce les pratiques d’interrogation utilisées par la CIA. Malgré le fait que j’avais acheté le livre dans une librairie grand public en ville… on ne sait jamais, il contient des informations “classifiées” et on pourrait m’accuser de faire le jeu des terroristes en les lisant.
(…)
Dans mon Amérique à moi, celle qu’on m’a apprise à l’école, on ne se comporte pas comme ça.
(…)
Et tout le monde me pose la même question : que pouvons nous faire ?
Cette avalanche de témoignages d’abus et d’atteintes aux libertés des citoyens américains montre clairement qu’un réseau criminel et de surveillance est entrain de prendre de plus en plus de citoyens innocents dans ses filets. Il est évident que ceci n’a rien à voir avec la démocratie – ni même avec l’habituelle corruption de la démocratie. Et il est clair que nous aurons besoin d’une action plus énergique que de simplement envoyer des lettres à notre député.
Les gens qui viennent témoigner ne sont pas des illuminés anarchistes, Ils sont de toutes les obédiences politiques, conservateurs, apolitiques, progressistes. La première régle d’une société en cours de fermeture ou bien déjà fermée est que ton alignement avec le parti politique au pouvoir ne te protège en rien; dans un véritable état policier, personne n’est à l’abri.
Je lis mon journal le matin et je n’en reviens pas :
Sept soldats ont publié une lettre dans le New York Times pour critiquer la guerre : peu de temps après, deux sont morts dont un d’une balle dans la tête tirée à bout portant.
Une femme comptable de l’armée qui voulait dénoncer les abus et détournements financiers est morte dans son baraquement, abattue d’une balle dans la tête, ici aussi à bout portant.
Pat Tillman, qui avait écrit un mail à un ami où il envisageait de dénoncer des crimes de guerre dont il avait été témoin : une balle dans la tête.
Donald Vance, un employé de l’armée qui avait dénoncé des trafics d’armes au sein de l’armée en Irak – kidnappé par des soldats US à l’intérieur même de l’Ambassade US de Bagdad et enfermé et torturé pendants des semaines sur une base militaire US, sans accès à un avocat – et officiellement menacé des pires représailles s’il parlait à quiconque à son retour au pays.
Et dans le dernier numéro de Vanity Fair un sous-traitant de l’armée qui avait dénoncé des malversations raconte qu’il a été kidnappé par des soldats US masqués et armés, passé à tabac toute une nuit dans un préfabriqué avant d’être expulsé d’Irak le lendemain. L’administration militaire a refusé d’entendre sa plainte et l’a fait éjecter du bureau.
Ce matin le New York Times écrit que le Département d’Etat (employeur des mercenaires de Blackwater USA) refuse officiellement de coopérer avec le Ministère de la Justice ou le FBI dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de 17 civils irakiens innocents. La Maison Blanche soutien l’attitude méprisante du Département d’Etat vis à vis de la justice de ce pays.
Ce n’est pas une information anodine. Mes lecteurs qui ont retenu quelque choses de l’histoire du XXè Siècle seront horrifiés mais pas surpris. La “Deuxième Etape” de la fermeture d’une société ouverte est la démonstration par l’Etat aux citoyens que la force paramilitaire est au dessus des lois du pays et que la loi ne peut donc plus servir de refuge à la dissidence.
En permettant au FBI et à la CIA d’arrêter n’importe quel citoyen américain et de le priver de ses droits légaux, le Ministre de la Justice a fait comprendre aux citoyens américains une leçon très simple : Nul d’entre vous n’est à l’abri de l’arbitraire d’Etat. Nous pouvons venir comme cela nous chante, enfoncer votre porte et vous faire disparaître pour toujours… en toute légalité.
(…)Si l’administration de ce pays annonce publiquement qu’elle ne sanctionnera pas les agissements criminels de ses propres employés en Irak et fera obstacle à la justice – alors est ce que les députés du Congrès auront le courage d’affronter les agissements similaires de Blackwater quand cette société remportera le contrat qu’elle convoite, celui de la sécurité intérieure aux Etats-unis ?
Ou bien cette force paramilitaire et protégée par l’Etat sera t’elle assez puissante pour intimider nos représentants – et nous mêmes ?
Est-ce que nous oserons encore manifester dans la rue si nous savons que nous risquons de recevoir le même traitement que les civils de Bagdad, mitraillés depuis des hélicoptères de Blackwater ? Est-ce qu’un député osera proposer une loi contre Blackwater s’il sait qu’il peut se faire tuer d’une balle dans la tête, en toute impunité ?
(…) N’oubliez pas que, dans la situation actuelle, le Department of Homeland Security a le droit légal de déployer les mercenaires de la société Blackwater dans votre ville dès ce soir. (…)
Dimanche 14 Octobre 2007
Iran : la propagande guerrière envahit l’édition
Iran : la propagande guerrière envahit l’édition
Ce n’est pas seulement ‘à la télévision et dans les journaux que la propagande guerrière bat son plein pour conditionner les esprits à une attaque contre l’Iran.
L’édition aussi s’y met, comme en témoigne le document raccoleur adressé aux librairies par les éditions du Cherche-Midi, pour promouvoir le prochaine sortie de « Iran : la prochaine guerre », du nommé Bruno Tertrais.
Ce qui tient lieu d’ argumentaire en faveur du bouquin est un petit condensé de désinformation, dont le lecteur est invité à retenir le message suivant : la « communauté internationale », nom de code pour désigner les puissances elles-mêmes détentrices du feu nucléaire, doit tout faire pour arrêter la marche (proclamée sans preuves par les va-t-en guerre, mais démentie par les dirigeants iraniens) de l’Iran vers la bombe, sinon, eh bien, les Etats-Unis ou Israël seront « forcés d’intervenir militairement ».
Un ouvrage « clair et pédagogique », résume l’éditeur. Quant à l’auteur, la notice ne se contente pas de présenter Bruno Tertrais comme un chercheur. Elle nous révèle, en toute décontraction, que l’homme a commencé sa carrière dans l’administration de l’OTAN, la coalition militaire dirigée par les Etats-Unis, avant de la poursuivre au ministère français de la Guerre (pardon, de la « Défense ») !
CAPJPO-EuroPalestine
Dimanche 14 Octobre 2007
Hyperinflation Will Blow The Economic Doors Off
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Les USA inscrivent des opposants politiques dans la base de données criminelle internationale
La semaine dernière, deux citoyennes états-uniennes, actives dans les mouvements anti-guerre dans leur pays, devaient se rendre à Toronto, invitées par l’organisation canadienne « Stop the War Coalition ». Le 3 octobre, au passage frontière de Buffalo-Niagara Falls, Medea Benjamin (fondatrice de l’organisation Global Exchange) et la diplomate Ann Wright (colonel à la retraite) ont été interpellées par les services secrets canadiens, interrogées et interdites d’accès au territoire. Pour la police canadienne, les deux militantes sont fichées dans la base de données criminelles internationale recensant les individus dangereux.
« Cette base de données recense normalement les criminels en fuite, les trafiquants de drogue de grande envergure ou les maffieux… mais dans mon cas, l’agent des services secrets avait un dossier sur moi, fourni par le FBI, qui indiquait que j’avais été arrêtée devant la délégation US aux Nations-Unies, à l’occasion de la Journée internationale de la femme, alors que nous tentions de remettre une pétition contre la guerre en Irak signée par plus de 152 000 femmes à travers le monde » explique Medea Benjamin. « À cause de cela, le Canada me considère comme une criminelle et refuse de me laisser entrer dans le pays ».
Pour le Colonel Wright, qui a été ambassadrice des USA dans quatre pays, « le FBI a inscrit les noms d’activistes anti-guerre et d’opposants à la politique de Bush dans les fichiers de police internationale qui recensent les criminels. C’est une manœuvre flagrante d’intimidation politique des citoyens US qui ne sont pas d’accord avec la politique menée par leur gouvernement. Et il est regrettable que le Canada prête foi à ce genre de base de données anti-démocratique pour bloquer l’accès du pays à des citoyens innocents ».
http://www.voltairenet.org/article152050.html
Samedi 13 Octobre 2007
Faut-il être un « corbeau » pour affirmer l’allégeance de Sarkozy à Israël ?
Faut-il être un « corbeau » pour affirmer l’allégeance de Sarkozy à Israël ?
C’est un étrange papier qu’un journaliste nommé Jean-Marc Leclerc a publié vendredi sur le site internet du très sarkozyste quotidien Le Figaro.
L’article (à lire, ci-dessous), annonce, en substance, que les services de police ont déployé d’importants moyens pour identifier l’auteur d’un courriel affirmant que Sarkozy et plusieurs de ses lieutenants (Patrick Balkany, Pierre Lellouche, Patrick Devedjian et Manuel Aeschlimann) sont liés à l’appareil d’Etat israélien, via un des services secrets de celui-ci, le Mossad.
L’article (à lire, ci-dessous), annonce, en substance, que les services de police ont déployé d’importants moyens pour identifier l’auteur d’un courriel affirmant que Sarkozy et plusieurs de ses lieutenants (Patrick Balkany, Pierre Lellouche, Patrick Devedjian et Manuel Aeschlimann) sont liés à l’appareil d’Etat israélien, via un des services secrets de celui-ci, le Mossad.
Pour ne s’en tenir qu’à Sarkozy, cette affirmation, quand bien même elle a pris des voies tortueuses -un courriel anonyme- pour parvenir à ses destinataires -des hiérarques de la police française- n’a pourtant absolument rien d’un scoop.
Depuis qu’il a accédé à des responsabilités politiques importantes, à partir de 2002 comme ministre de l’Intérieur puis chef de l’UMP et enfin candidat à la présidentielle, Sarkozy n’a en effet eu de cesse de coller au plus près à la politique israélienne, en n’importe quelle occasion.
Citons, pour mémoire, la collusion permanente entre Sarkozy et le lobby israélien en France (le CRIF, ou cette autre officine qu’est l’Association des Professionnels Juifs de France) dans la mise en oeuvre du chantage à l’antisémitisme et de la stigmatisation des Arabes et des musulmans en France, la collaboration entre les polices française et israélienne dans le sillage de la révolte des banlieues en novembre 2005, la glorification de la « fraternité d’armes » franco-israélienne à propos de l’attaque contre l’Egypte de 1956, ou bien encore cette entrevue, en juillet 2006, entre un ministre israélien et Sarkozy, où celui-ci demande à son interlocuteur « de combien de temps Israël a besoin pour finir le travail », c’est-à-dire la destruction du Liban.
Le Sarkozy devenu chef de l’Etat ne s’est bien évidemment pas renié : sitôt élu, il a confirmé son allégeance totale à l’OTAN, aux dirigeants américains, et à leurs partenaires israéliens, notamment sur le dossier actuellement privilégié par ces derniers, la préparation des esprits (et des munitions) à une guerre contre l’Iran. Son paillasson Kouchner est rapidement allé en visite officielle à Tel-Aviv, tandis que sa copine Rachida Dati s’apprête à faire de même la semaine prochaine, sans doute pour y puiser quelque inspiration en matière de « justice ».
Quant aux comparses de Sarkozy « dénoncés » (les guillemets étant de rigueur, les intéressés n’ayant aucune raison de trouver infamantes les amitiés qui leur sont prêtées par le « corbeau »), les états de service pro-israéliens de d’eux d’entre eux au moins sont du même tonneau que ceux de leur chef. Balkany, maire de Levallois (Hauts-de-Seine), participe ouvertement aux opérations de collecte de fonds pour l’armée israélienne, tandis que Lellouche est l’un des principaux animateurs de la campagne contre l’Iran.
Alors, le « journaliste » qui insinue que l’affirmation de tels liens ne peut être que l’oeuvre d’un corbeau malveillant, est au mieux un fumiste. Tout comme les policiers qui font mine de déployer les grands moyens pour lui mettre la main dessus.
Voici maintenant l’article du Figaro
Les étranges accusations d’un cybercorbeau JEAN-MARC LECLERC. Publié le 12 octobre 2007 Actualisé le 12 octobre 2007 : 07h19
La PJ enquête sur un courriel envoyé durant la présidentielle à cent hauts responsables de la police. Il affirmait que Sarkozy, comme Balkany, Lellouche, Devedjian et Aeschlimann, étaient liés au Mossad. UNE OFFICINE a-t-elle voulu déstabiliser Nicolas Sarkozy durant la campagne présidentielle ? Une enquête confiée à la Direction centrale de la police judiciaire doit l’établir. Fin mars 2007, dans la dernière droite de l’élection, tous les directeurs départementaux de la sécurité publique, soit une centaine de hauts fonctionnaires, ont été destinataires d’un étrange courriel. Le futur président y était taxé, ni plus ni moins, d’avoir été recruté dans les années 1980 par le Mossad, le service secret israélien. Le texte envoyé se présente sous la forme d’une « note de synthèse » de deux pages. Son titre : « L’infiltration du Mossad israélien dans l’UMP. Nicolas Sarkozy : le quatrième homme. » Au-dessus, un pseudo-logo de la « DGSE ». « Tout cela respire la manip à plein nez, avec des relents d’extrême droite », prévient un cadre dirigeant au ministère de l’Intérieur. Selon l’auteur du message, en 1978, le gouvernement de Menahem Begin aurait commandité l’infiltration du parti gaulliste pour en faire une sorte de partenaire d’Israël. L’opération aurait été montée par Rafael Eytan, maître-espion israélien. « Trois citoyens français prédisposés à collaborer » auraient donc été ciblés : Patrick Balkany, Patrick Devedjian et Pierre Lellouche. Balkany est présenté comme le chef du « réseau ». En 1983, Patrick Balkany aurait recruté le « jeune et prometteur » Sarkozy, le « quatrième homme du Mossad ». Une cinquième recrue serait venue compléter le dispositif dans les années 1990 : Manuel Aeschlimann, député-maire d’Asnières (Hauts-de-Seine). Le cybercorbeau affirme que ce proche de Sarkozy est « chargé d’établir des contacts avec des responsables iraniens en France ». Une assertion d’autant plus perfide que sa ville d’Asnières accueille effectivement une forte communauté iranienne. Aucune empreinte Embarrassé, l’état-major policier d’alors a dû rapporter en haut lieu le contenu de ce courriel farfelu et la qualité de ses destinataires. Aussitôt, une enquête a été diligentée, confiée à la PJ. Les policiers ont découvert que le message est parti d’un cybercafé du Val-d’Oise. Mais le corbeau a bien choisi le lieu de ses persiflages : dans ce commerce où l’anonymat est la règle, puisque la loi n’impose pas de présenter ses papiers pour accéder aux ordinateurs, il n’y avait pas de vidéosurveillance. Aucune empreinte, aucune trace d’ADN n’a pu être exploitée. L’expertise des machines n’a rien donné. Pas plus que l’analyse sémantique du texte. Et l’enquête se poursuit à la demande du parquet. Au risque de donner à cette affaire une importance qu’elle ne méritait pas.
Samedi 13 Octobre 2007



