Le Président iranien s’adresse à la France
Le Président iranien s’adresse à la France
IRIB
C’est ce que l’on appelle un conseil d’ami. A une France, de plus en plus tournée vers l’Amérique et ses politiques désastreuses pour la sécurité et la paix mondiale, le Président iranien Ahmadinejad a conseillé jeudi un retour à la “logique” et au “discernement” qui semblent, hélas, aller décroissant depuis que l’Elysée est entre les mains de M. Sarkozy.
Non que la nation française ait failli le moins du monde aux principes humanistes, au respect d’aurui, à l’esprit pacifiste qui est le sien. Rien de tel. Sa culture brille et brillera toujours par d’incontournables acquis qu’elle a su apporter à la civilisation humaine.
L’attitude de ces dirigeants semble plutôt découler d’une certaine forme de défaitisme, défaitisme qui n’a cessé de grignoter ces dernières années la place de la France en particulier et de l’Europe en général sur l’echiquier international.
A l’effondrement de l’ex empire soviétique, on s’attentait à ce que le monde fasse enfin ses adieux à un ordre bipolaire stérile et que l’Europe se propose pour combler le vide dans une perspective multilatéraliste.
Or, il ne s’est passé rien de tel. Un majorité d’Etats européens a tôt fait de s’aligner sur les Etats-Unis, quitte à s’effacer au profit d’une omnipotence américaine qui a fini par porter ses fruits en 2003 lorsque l’Amérique a envahi l’Irak suivant la devise ô combien primaire “Qui qui n’est pas avec moi est contre moi”.
On se rappelle fort bien la rhétorique de la Maison Blanche à l’époque qui accusait la “vieille Europe” d’être à la traîne et de ne pas comprendre la nouvelle donne qui devait consacrer les Etats-Unis ”maître absolu du monde”.
Cette rhétorique a scindé l’Europe en deux et la division continue à persister. Le dossier nucléaire iranien illustre de façon magistrale l’attitude d’une Europe à deux vitesses, partagée entre son allégeance atlantiste et un réalisme qui pour n’être pas toujours de mise, l’a souvent aidée à préserver son idépendence et son style propre en matière de politique internationale.
La France sarkoziste se trompe si elle croit pouvoir se donner du lustre par un alignement aveugle sur une Amérique dont les déboires irako-afghans commencent à déteindre sur l’avenir géopolitique et géoéconomique du monde.
Après tout, la Grande Bretagne n’est pas si loin et Mr. Blair est encore, fort heureusement, en vie. 5 années d’alliance infaillible avec Washington ont valu à Londres un crédit international à jamais écorné et un retrait d’Irak en catimini tant est désormais difficile de trouver des arguments assez fiables pour le justifier .
C’est presque insensé de vouloir reconduire l’expérience d’une telle défaite lorsque l’on est le Président de France et que l’on a derrière soi une histoire marquée par des étapes qui servent de modèle aux épris de liberté et de justice de part le monde.