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L’ombre de l’accord Sykes-Picot plane sur l’Asie du Sud-Ouest
L’ombre de l’accord Sykes-Picot plane sur l’Asie du Sud-Ouest
Le plan anglo-français pour le partage du Moyen-Orient, à l’époque de la Première Guerre mondiale, jette une lumière instructive sur les tractations actuelles dans la région. On y retrouve les mêmes aspirations impériales, visant à redessiner la carte politique et à créer des sphères d’influence. Muriel Mirak-Weissbach, la correspondante de la revue Executive Intelligence Review pour l’Asie du Sud-Ouest, nous livre ici quelques réflexions sur l’accord Sykes-Picot de 1916.
Pourquoi Jacques Chirac mène-t-il une croisade pour un changement de régime à Damas, après avoir promu une campagne internationale pour expulser les troupes syriennes du Liban et reconfigurer le paysage politique à Beyrouth ? Est-ce à cause de l’assassinat de son vieil ami le Premier ministre libanais Rafic Hariri, comme certains l’affirment ? Tient-il le gouvernement syrien pour responsable du crime ?
Si tel est le cas, pourquoi le chef d’Etat français menace-t-il aussi l’Iran ? Le 19 janvier, Jacques Chirac a annoncé que la France aurait recours à l’arme nucléaire contre des Etats jugés « terroristes » et quiconque entend attaquer la France. Sa déclaration a été interprétée non seulement comme une adhésion à la doctrine de guerre nucléaire préemptive de Dick Cheney, mais comme une menace directe envers la République islamique d’Iran.
Jusque-là, c’était le Premier ministre britannique Tony Blair qui encourageait l’escalade des tensions vis-à-vis de la Syrie et, surtout, du programme nucléaire iranien. Ce sont les Britanniques qui insistaient pour transférer le dossier iranien au Conseil de sécurité de l’ONU, comme prélude à des frappes militaires. Maintenant, le gouvernement français les soutient. Pourquoi ?
« Les ombres de Sykes-Picot – le Foreign Office britannique soutenu par la France – ont joué un rôle dominant en Asie du Sud-Ouest », a déclaré Lyndon LaRouche le 6 janvier, en référence aux attaques contre la Syrie. Aujourd’hui, alors que la crédibilité américaine diminue dans le monde, en raison de l’attitude inadmissible du gouvernement Bush-Cheney, et que la coopération entre l’Allemagne et la Russie se renforce, y compris dans le domaine du gaz naturel, « Londres s’efforce de prendre le contrôle de la situation en Asie du Sud-Ouest, à la place du gouvernement américain. Ceci remet sur le devant de la scène de vieux modèles de manipulation de conflits datant du début du XXème siècle. »
On peut en effet difficilement comprendre les implications de la nouvelle orientation de la politique étrangère française depuis 2002-2003, sans les situer dans le contexte historique des accords que la France coloniale a passés au début du XXème siècle avec la Grande-Bretagne coloniale, pour la conquête et le partage d’importantes parties du Moyen-Orient. L’accord Sykes-Picot de 1916 fut un arrangement secret signé entre Anglais et Français pour redessiner la carte de l’Asie du Sud-Ouest, attribuant aux deux puissances coloniales des zones de contrôle direct et des sphères d’influence, comme nous le verrons plus loin.
Une version moderne de cet accord est prévue dans le plan Clean Break (Rupture nette). Rédigé en 1996 par un groupe de travail sous la direction de Dick Cheney, il fut adopté à l’époque par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et mis en œuvre à partir de la guerre d’Irak, en 2003. Ce plan prévoit des changements de régime (au moyen de guerres et de putschs) en Irak, en Syrie, au Liban et en Iran.
En 1991, la France s’est associée à l’opération Tempête du Désert, sans rien recevoir en retour. En 2002-2003, elle s’opposa aux plans de guerre anglo-américains et refusa de participer à la guerre. Aujourd’hui, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne contrôlent de vastes réserves de pétrole dans l’Irak occupé et la France se retrouve de nouveau les mains vides. Une vieille impulsion impériale ressurgit et Paris veut sa part du gâteau.
Une guerre géopolitique
La Première Guerre mondiale fut une guerre géopolitique de la Grande-Bretagne, orchestrée par le Prince de Galles (plus tard Edouard VII) bien avant son éclatement même, en vue de briser surtout la coopération entre l’Allemagne, grande puissance économique, et la Russie. Le fait que l’Allemagne de Bismarck, la Russie d’Alexandre II et d’autres pays encore commençaient à adopter le « système américain » de développement économique, qui avait fait ses preuves aux Etats-Unis, représentait une véritable menace pour le pouvoir impérial britannique. Le projet de chemin de fer Berlin-Bagdad incarnait, en quelque sorte, cette menace. Pour préserver l’hégémonie de son système financier oligarchique, sur lequel reposait son empire, la Grande-Bretagne opta pour la guerre.
Parallèlement, elle comptait démanteler l’Empire ottoman, qui se trouvait dans l’orbite allemande, et mettre en place des régimes fantoches dirigés par des monarques arabes, dans le contexte du partage global de la région en sphères d’influence. La France, trahissant l’intention de la République, allait devenir son partenaire, même si, comme il arrive souvent dans des accords entre forces impériales rivales, chacune entendait tromper l’autre.
La France avait déjà connu des rivalités inter-impérialistes avec la Grande-Bretagne, surtout en Afrique, où elle avait une sphère d’influence à protéger et, si possible, à étendre. Pour donner quelques grandes dates, depuis le XVIIème siècle, la France avait établi une présence en Afrique du Nord, à travers ses comptoirs commerciaux. Au milieu du XIXème siècle, elle avait occupé l’Algérie, puis Tunis, en 1881. En 1882, l’Angleterre s’empara de l’Egypte (le domaine de Napoléon près d’un siècle auparavant). En 1897, Lord Kitchener remporta la victoire sur le mouvement national soudanais dirigé par le Mahdi. L’Angleterre régnait en Egypte, et à travers elle, au Soudan. A Fachoda en 1898, elle mit fin à l’expansionnisme français. Puis, en vertu d’un accord conclu entre les deux rivaux en 1904, la France laissa les mains libres à l’Angleterre en Egypte, en échange d’une zone d’influence française au Maroc.
A la veille de la Première Guerre mondiale, toute l’Eurasie était dominée par les puissances impériales. La Russie avait acquis ce qu’on appelle aujourd’hui l’Asie centrale (Kazakhstan, Turkestan, les Khanates de Khiva, Boukhara, Tachkent, Merv, Samarkand), englobant la moitié de la Perse dans sa zone d’influence. La Grande-Bretagne détenait un autre morceau de la Perse, en vertu de l’accord anglo-russe de 1907, et contrôlait des émirats arabes dans la région du golfe Persique ; elle administrait l’Egypte, Chypre et Aden sur la mer Rouge, et l’Afghanistan se trouvait dans sa sphère d’influence.
Le reste (sauf le désert arabe) faisait partie de l’Empire ottoman, dont le Sultan régnait sur diverses populations ethniques : Slaves, Arabes, Grecs, Arméniens et Juifs. Chez les puissances impériales, la Russie orthodoxe revendiquait son droit de protéger les peuples orthodoxes, présents dans les Balkans et au Proche-Orient, tandis que les Français étaient les protecteurs des catholiques, notamment des chrétiens maronites dans les provinces syriennes.
Suite aux guerres des Balkans de 1912-1913, une guerre générale éclata, opposant l’Entente entre la France, la Russie et la Grande-Bretagne à l’Allemagne, l’Empire ottoman (à l’époque dirigé par le parti des Jeunes Turcs) et l’Empire austro-hongrois.
Projets pour l’Arabie d’après-guerre

| Figure 1. Le Moyen-Orient en 1914. |
Le plan de guerre britannique (en dépit des querelles d’élite sur les détails) était simple et direct : faire en sorte que des forces arabes montent une révolte apparemment « autonome » contre l’oppresseur ottoman, briser l’Empire ottoman en mille morceaux et redessiner la carte avec des « Etats » arabes entièrement nouveaux, gouvernés par des fantoches britanniques (Figure 1). Les Français, qui soutenaient ce projet, devaient avoir leurs propres marionnettes dans les zones d’influence qui leur étaient réservées.
Le cerveau de cette opération était le maréchal Horatio Herbert Kitchener, connu comme le boucher du Soudan, qui occupait les fonctions de pro-consul en Egypte. En août 1914, il quitte ce poste pour devenir ministre de la Guerre, et dans le cadre des hostilités contre l’Empire ottoman, la Grande-Bretagne proclame son protectorat sur l’Egypte, aux dépens de celui-ci.
A la recherche d’un dirigeant arabe fantoche, Kitchener choisit le descendant de la dynastie hachémite, Hussein ibn Ali, émir et « chérif » de La Mecque. Hussein dirigeait alors le Hedjaz (au nord-ouest de l’Arabie saoudite, sur le golfe d’Akaba et la mer Rouge), placé sous la domination du sultan ottoman. A la prise du pouvoir par les Jeunes Turcs, en 1908, Hussein craint l’ingérence de ce nouveau pouvoir sur son territoire tandis que deux de ses fils, Abdallah et Fayçal, tous deux députés au Parlement ottoman, redoutent le renversement de leur père par ce même régime. Ils sont donc réceptifs aux avances faites par les Britanniques.
C’est Gilbert Clayton, l’agent au Caire de sir Henry McMahon, le nouveau proconsul d’Egypte, qui avait encouragé Kitchener à prendre contact avec la famille de l’émir de la Mecque. Clayton entretient des contacts avec divers groupes d’exilés et autres sociétés secrètes arabes au Caire, qui semblent penser que d’autres dirigeants arabes seraient prêts à se rebeller contre le Sultan à condition de pouvoir se rallier derrière un dirigeant fiable.
Dans un mémorandum adressé le 6 septembre 1914 à Kitchener, Gilbert Clayton propose comme favori des Britanniques le fils Abdallah, qui aurait le soutien d’autres dirigeants arabes. Abdallah avait rencontré Kitchener en 1912 ou 1913, et à nouveau en 1914, ainsi que Ronald Storrs, le secrétaire de Kitchener au Caire. Avant de trancher, le ministre de la Guerre veut connaître l’attitude des autres dirigeants arabes en cas de guerre, et dans cette optique, il dicte à Storrs, par télégramme, ce qu’il doit dire à Abdallah :
« Si la nation arabe soutient l’Angleterre dans cette guerre que la Turquie lui a imposée, l’Angleterre assurera l’absence de toute intervention interne en Arabie et accordera aux Arabes toute assistance contre une agression étrangère. »
Dans une dépêche ultérieure en provenance du bureau du Caire, il est précisé que les Arabes de « Palestine, Syrie et Mésopotamie » obtiendront leur indépendance, garantie par la Grande-Bretagne, s’ils se soulèvent contre l’Empire ottoman.
Ainsi, Kitchener et son groupe encouragent les Arabes à se rebeller contre les Ottomans en échange de leur « indépendance » – ce qui n’a certes pas la même signification pour tous les protagonistes. Tandis que les Arabes aspirent à une véritable indépendance, les Anglais cenvisagent plutôt une autonomie locale dans le cadre d’un protectorat britannique, voire même sous administration britannique directe. Storrs, par exemple, prône la création d’un « empire égyptien », dont le chérif de La Mecque serait le calife, flanqué d’un roi d’Egypte, supervisé, toutefois, par Kitchener.
Quant à Hussein, il fait clairement savoir qu’il réclame la souveraineté sur un vaste royaume arabe, qui serait véritablement indépendant. Après avoir sondé des sociétés secrètes arabes à Damas et ailleurs, par l’intermédiaire de son fils Fayçal, il s’assure qu’elles soutiendront une révolte, à condition que les Anglais garantissent l’indépendance arabe. Dans une lettre au Haut Commissaire britannique, datée du 4 juillet 1915, Hussein pose ses conditions, qui contiennent des revendications formulées dans le Protocole de Damas, un document préparé par les forces arabes en Syrie :
« En échange de sa coopération qui doit le conduire à contrôler toute la péninsule arabique, la Mésopotamie, la Syrie, la Palestine et une partie de la Cilicie, le Chérif Hussein formule les demandes suivantes :
« 1. L’indépendance des Arabes limitée dans un territoire comprenant au Nord Mersine, Adana et limité ensuite par le 37ème parallèle jusqu’à la frontière persane : la limite Est devrait être la frontière persane jusqu’au Golfe de Bassorah ; au Sud, le territoire devait border l’océan Indien, tout en laissant de côté Aden ; à l’Ouest enfin, il devait y avoir pour limite la Mer Rouge et la Méditerranée jusqu’à Mersine.
« 2. La Grande Bretagne devait reconnaître l’établissement d’un califat arabe et l’abolition des capitulations. En contrepartie, le Chérif se déclarait prêt à accorder une préférence dans toute entreprise économique des pays arabes à la Grande Bretagne, pourvu que les autres circonstances fussent égales.
« 3. Une alliance défensive militaire devait être conclue. Dans le cas où l’une des parties contractantes entreprendrait une guerre offensive, l’autre devrait garder une stricte neutralité.*
* Toutes les citations de documents officiels viennent du site medintelligence.free.fr )
Le Haut Commissaire en Egypte, Sir Henry McMahon, répondit aux demandes d’Hussein. Dans une note jointe à sa lettre datée du 24 octobre 1915, McMahon écrit :
« Les districts de Mersina et d’Alexandrette, et les parties de la Syrie situées à l’Ouest des districts de Damas, Homs, Hamah et Alep ne peuvent être considérés comme purement arabes et doivent être exclus des limites et frontières envisagées. Avec les modifications ci-dessus et sans préjudice de nos traités actuels avec les chefs arabes, nous acceptons ces limites et frontières ; et en ce qui concerne, à l’intérieur de ces limites, les parties de territoires où la Grande Bretagne est libre d’agir sans porter atteinte aux intérêts de son alliée, la France, je suis autorisé par le gouvernement britannique à vous donner les assurances suivantes et à faire la réponse suivante à votre lettre :
« Sous réserve des modifications ci-dessus, la Grande Bretagne est disposée à reconnaître et à soutenir l’indépendance des Arabes à l’intérieur des territoires compris dans les limites et frontières proposées par le Chérif de la Mecque.
« La Grande Bretagne garantira les Lieux Saints contre toute agression externe et reconnaîtra leur individualité. Si la situation le permet, la Grande Bretagne mettra à la disposition des Arabes ses conseils et les aidera à l’établissement de la forme de gouvernement qui semble le plus convenable pour ces différents territoires. D’un autre coté, il est entendu que les Arabes ont décidé de chercher les conseils et l’aide de la Grande Bretagne seulement, et que les conseillers et fonctionnaires européens, dont ils pourraient avoir besoin pour la formation d’une administration stable, seront des Anglais. En ce qui concerne les vilayets de Bagdad et de Bassorah, les Arabes reconnaîtront que la situation et les intérêts de l’Angleterre nécessitent des mesures spéciales de contrôle administratif afin de sauvegarder ces territoires d’une agression étrangère et de pourvoir au bien-être de la population locale, ainsi que de sauvegarder nos intérêts économiques mutuels. »*
Hussein obtient donc de vagues assurances mais pas d’engagement explicite en faveur de l’indépendance du royaume arabe qu’il appelle de ses voeux.
Dissensions au sein de la direction impériale
Le Bureau indien de l’Empire britannique est opposé à l’idée d’un calife arabe (avec ou sans roi) qui règnerait sur un empire arabe contrôlé par les Anglais. Outre l’Inde, ce bureau est chargé des affaires de Perse, du Tibet, d’Afghanistan et de l’est de l’Arabie, et considère ces régions, ainsi que la Mésopotamie, comme relevant de sa responsabilité. Il fait valoir que les musulmans dans sa sphère d’influence n’accepteraient pas un calife arabe, lui préférant un Turc. Et s’il fallait choisir un Arabe, ce serait plutôt Adbul Aziz ibn Saud, un rival de Hussein.
A l’époque, le Bureau indien dans sa majorité est d’avis que, s’il doit y avoir invasion et occupation de la Mésopotamie, c’est à lui de s’en charger. Voici le message que le gouverneur des Indes, Charles Hardinge, communique à sir Mark Sykes, lors d’une mission d’information en 1915. Hardinge parle pour le Bureau indien en jugeant absurde toute discussion sur l’« indépendance » des Arabes, étant donné que les Arabes sont incapables de s’autogouverner.
En 1916, le Bureau arabe sera créé pour coordonner cette politique et contrer l’opposition, notamment celle du Bureau indien. C’est une idée de sir Mark Sykes, un jeune conservateur élu à la Chambre des Communes quatre ans auparavant et qui passe pour un spécialiste de l’Empire ottoman. Ayant servi personnellement auprès de Kitchener, Sykes en est devenu l’instrument. Le Bureau arabe opère à partir du Caire, au sein du département du Renseignement, mais son vrai chef est Kitchener lui-même. Son directeur en titre est l’archéologue David Hogarth, un agent du renseignement ayant collaboré avec Clayton. Le Bureau arabe compte également T.E. Lawrence, plus connu sous le nom de « Lawrence d’Arabie », qui dirigera certaines des campagnes militaires des « chefs arabes ». En gros, le Bureau arabe a pour tâche d’étendre la mainmise de la Grande-Bretagne sur l’Arabie, à partir de l’Egypte.
La France impériale entre en scène
Les Français sont loin d’être enthousiastes pour les scénarios anglais. Le parti colonial français a des visées sur le Liban et la Syrie, considérés comme appartenant « intrinsèquement » à la France. Leur revendication se base sur des faits historiques remontant à l’époque des Croisades, ainsi que sur le statut de « protection » que la France octroie aux populations catholiques de la région, notamment au Mont Liban, près de la côte syrienne.
Les Anglais ne sont cependant pas prêts à accorder des concessions aussi importantes. Clayton allègue, en accord avec Sykes, que si des armées arabes se lancent dans la guerre aux côtés des Anglais, cette dynamique contribuera de manière décisive à une victoire rapide, y compris sur le front européen. En fait, la Grande-Bretagne se trouve face à un dilemme. D’une part, le déploiement de forces britanniques au Moyen -Orient réduirait forcément leur présence sur le théâtre européen, alourdissant par conséquent l’effort de guerre que la France aurait à consentir ; il faut donc promettre à la France quelques concessions. D’autre part, pour recruter les armées arabes requises, au-delà des forces de Hussein, il faut aussi faire des concessions aux Hachémites, qui risquent d’entrer en contradiction avec les ambitions françaises. C’est ainsi que McMahon précise, dans sa correspondance, que Hussein doit abandonner ses revendications sur « les parties de la Syrie situées à l’Ouest des districts de Damas, Homs, Hamah et Alep », c’est-à-dire les régions côtières de Palestine, du Liban et de Syrie, revendiquées par la France. Hussein réclame néanmoins Beyrouth et Alep, tout en confirmant son opposition de principe à toute présence française en Arabie.
Devant ses revendications conflictuelles, il fallait bien faire participer la France aux tractations. Le Foreign Office invite donc la France à envoyer un délégué à Londres pour déterminer ce que l’on pourrait offrir à Hussein. Voilà l’origine de l’accord Sykes-Picot.
L’accord Sykes-Picot de 1916
Le 23 novembre 1915, François George Picot arrive dans la capitale britannique pour négocier avec les Anglais. Fils d’une famille coloniale, il représente le point de vue politique du « parti syrien » en France, selon lequel la Syrie et la Palestine, considérées alors comme un seul pays, sont propriété française pour des raisons historiques, économiques et culturelles. Lors des négociations, Picot fait prévaloir que la France doit exercer un contrôle direct sur les régions côtières et un contrôle indirect sur le reste de la Syrie (par le biais d’un régime fantoche) et sur le territoire s’étendant à l’est jusqu’à Mossoul.

| Figure 2. Le partage du Moyen-Orient prévu dans l’accord Sykes-Picot. |
Les dispositions de l’accord, signé le 16 mai 1916, semblent satisfaire ces demandes (Figure 2) :
« Il demeure entendu que :
« La France et la Grande-Bretagne sont disposées à reconnaître et à soutenir un Etat arabe indépendant ou une confédération d’Etats arabes dans les zones (A) et (B) indiquées sur la carte ci-jointe, sous la suzeraineté d’un chef arabe. Dans la zone (A) la France et dans la zone (B) la Grande-Bretagne auront un droit de priorité sur les entreprises et les emprunts locaux. Dans la zone (A) la France et dans la zone (B) la Grande-Bretagne seront seules à fournir des conseillers ou des fonctionnaires étrangers à la demande de l’État arabe ou de la confédération d’Etats arabes.
« Dans la zone bleue la France et dans la zone rouge la Grande-Bretagne seront autorisées à établir telle administration directe ou indirecte ou tel contrôle qu’elles désirent et qu’elles jugeront convenable d’établir, après entente avec l’État ou la confédération d’Etats arabes.
« Dans la zone brune sera établie une administration internationale dont la forme devra être décidée après consultationavec la Russie et, ensuite, d’accord avec les autres alliésetles représentants du chérif de La Mecque.
« Il sera accordé à la Grande-Bretagne : 1. les ports de Haïfa et d’Acre ; 2. la garantie d’une quantité définie d’eau du Tigre et de l’Euphrate dansla zone (A) pour la zone (B). Le gouvernement de Sa Majesté, de son côté, s’engage à n’entreprendre, à aucun moment, des négociationsen vue de la cession de Chypre à une tierce puissance sans le consentement préalable du gouvernement français.
« Alexandretteseraunport franc en ce qui concerne le commerce de l’Empire britannique, (…) il y aura libre transit pour les marchandises anglaises par Alexandrette et par chemin de fer à travers la zone bleue, que ces marchandises soient destinées à la zone rouge, la zone (B), la zone (A) ou en proviennent ; et aucune différence de traitement ne sera établie (directement ou indirectement) aux dépens des marchandises anglaises sur quelque chemin de fer que ce soit, comme aux dépens de marchandises ou de navires anglais dans tout port desservant les zones mentionnées.
« Haïfa sera un port franc en ce qui concerne le commerce de la France, de ses colonies et de ses protectorats (…) Il y aura libre transit pour les marchandises françaises par Haïfa et par le chemin de fer anglais à travers la zone brune (…)
« Dans la zone (A), le chemin de fer de Bagdad ne sera pas prolongé vers le sud au-delà de Mossoul, et dans la zone (B), vers le nord au-delà de Samarra, jusqu’à ce qu’un chemin de fer reliant Bagdad à Alep dans la vallée de l’Euphrate ait été terminé, et cela seulement avec concours des deux gouvernements.
« La Grande-Bretagne aura le droit de construire, d’administrer et d’être seule propriétaire d’un chemin de fer reliant Haïfa avec la zone (B). Elle aura en outre un droit perpétuel de transporter ses troupes, en tout temps, le long de cette ligne. Il doit être entendu par les deux gouvernements que ce chemin de fer doit faciliter la jonction de Bagdad et Haïfa, et il est de plus entendu que si les difficultés techniques et les dépenses encourues pour l’entretien de cette ligne de jonction dans la zone brune en rendent l’exécution impraticable, le gouvernement français sera disposé à envisager que ladite ligne puisse traverser le polygone Banias-Keis Marib-Salkhad- Tel Hotsda-Mesmie avant d’atteindre la zone (B). (…)
« Il sera entendu que le gouvernement français n’entreprendra, à aucun moment, aucune négociation pour la cession de ses droits et ne cédera les droits qu’il possédera dans la zone bleue à aucune autre tierce puissance, si ce n’est l’Etat ou la confédération d’Etats arabes, sans l’agrément préalable du gouvernement de Sa Majesté qui, de son côté, donnera une assurance semblable au gouvernement français en ce qui concerne la zone rouge.
« Les gouvernements anglais et français, en tant que protecteurs de l’Etat arabe, se mettront d’accord pour ne pas acquérir, et ne consentiront pas à ce qu’une tierce puissance acquière de possessions territoriales dans la péninsule arabique, ou construire une base navale dans les îles, ou sur la côte est de la mer Rouge. Ceci toutefois n’empêchera pas telle rectification de la frontière d’Aden qui pourra être jugée nécessaire, par suite de la récente agression des Turcs.
« Les négociations avec les Arabes pour les frontières de l’Etat ou de la confédération d’Etats arabes continueront, par les mêmes voies que précédemment, au nom des deux puissances. »*
Pour conclure, le document précise que les gouvernements russe et japonais seront informés et que les revendications italiennes seront prises en compte.
Au départ, cet accord reste secret. Sykes se rend à Petrograd pour informer les Russes de l’accord et obtenir leur consentement. Il ignore alors que les Français ont, dans le plus grand secret, conclu un accord séparé avec les Russes concernant la Palestine. Le négociateur Aristide Briand a obtenu le soutien russe pour un contrôle français de la Palestine alors que celle-ci, d’après l’accord Sykes-Picot, devait relever d’une administration internationale. L’accord Sykes-Picot restera secret jusqu’à ce que des documents soient retrouvés en Russie en janvier 1918, au lendemain de la révolution bolchevique, et dont le contenu est communiqué au gouvernement ottoman.
La révolte arabe
Conclure un accord secret entre puissances impériales pour se partager les dépouilles de l’Empire ottoman, après son démantèlement, est une chose. Vaincre militairement les Ottomans en est une autre. Pour y arriver, nous l’avons vu, les Anglais ont opté pour une révolte arabe.
Ils sont convaincus d’après leurs rapports de renseignement que les masses arabes soutiendront une révolte dirigée par Hussein. Or, lorsque la révolte est effectivement lancée dans le Hedjaz, au début de juin 1916, les centaines de milliers d’Arabes qui devaient déserter les rangs de l’armée ottomane pour s’y joindre, manquent au rendez-vous. A la place, il faut déployer des avions et des navires britanniques avec des troupes musulmanes en provenance de l’Egypte britannique et d’autres possessions de l’empire. La révolte militaire restant faible et certains doutant fort de son succès, T.E. Lawrence propose alors que les bédouins d’Hussein soient enrôlés pour mener une guérilla dirigée par les Britanniques. Les Français proposent, de leur côté, d’envoyer dans le Hedjaz des musulmans venant de l’Empire français, pour servir de conseillers militaires. Les Anglais maintiennent cependant que les Arabes n’accepteront pas de forces chrétiennes à leurs côtés. C’était l’explication officielle ; en fait, les Anglais voulaient éviter toute ingérence française.
Le 6 juillet 1917, T.E. Lawrence mobilise (moyennant paiement en or) une confédération de bédouins pour s’emparer du port d’Akaba. Cette pratique consistant à acheter des éléments arabes comme soldats irréguliers avait valu à Lawrence le surnom de « l’homme avec de l’or ». Après la prise d’Akaba, le nouveau commandant, le général Sir Edmund Allenby, accepte que des bédouins se battent aux côtés des forces britanniques dans les campagnes de Palestine et de Syrie.
Auparavant, le ministre de la Guerre Lloyd George avait ordonné aux troupes d’Egypte britannique de préparer l’invasion de la Palestine. Se méfiant des intentions anglaises, les Français expédient Picot pour accompagner la mission, tandis que les Anglais, tout aussi soupçonneux, envoient Sykes sur place comme médiateur. (Sykes avait été chargé entre-temps de la mission politique, devenant commandant-en-chef des Forces expéditionnaires en Egpyte.) Les Français, ayant signé un accord secret avec les Russes, ont leurs propres revendications vis-à-vis de la Palestine. L’invasion anglo-égyptienne a pour objectif d’assurer la mainmise anglaise sur la Palestine et ordre est donné de ne rien promettre aux Arabes qui s’y associent.
Nommé nouveau commandant en juin 1917, le général Allenby est envoyé en Egypte pour diriger l’invasion de la Palestine. Lloyd George avait exprimé son souhait que Jérusalem soit prise avant Noël et, effectivement, le 11 décembre, Allenby entre dans Jérusalem avec ses officiers par la Porte de Jaffa, déclarant la loi martiale. Il signifie à Picot que la ville restera sous administration militaire britannique un certain temps et Ronald Storrs est nommé gouverneur militaire. Lloyd George avait reçu son cadeau de Noël !
Par ailleurs, après l’échec de la tentative du Bureau indien de prendre Bagdad en 1915, un nouveau commandant en chef, le général Stanley Maude, est nommé. Ce dernier envahit la Mésopotamie et prend Bagdad le 11 mars 1917. Le 16, on met sur pied un Comité d’administration de Bagdad sous la supervision de Lord Curzon (ancien gouverneur des Indes), qui doit décider du sort des provinces de Bassorah et de Bagdad : la première, à forte majorité chiite, deviendra britannique, tandis que l’antique capitale Bagdad sera « arabe », mais sous protectorat britannique.
Dans un texte approuvé par le Cabinet de Guerre, Sykes appelle les chefs arabes à se joindre aux Anglais, leur promettant la liberté et l’indépendance. Ce texte évoque une confédération du Moyen-Orient arabe que dirigerait le roi sunnite Hussein ou l’un de ses fils.
Après la Palestine et la Mésopotamie, on en arrive ensuite à la conquête de la Syrie. En septembre 1918, Allenby prend Megiddo (« Armageddon ») avant de se diriger sur Damas. Suivant l’accord Sykes-Picot, cette ville doit être mise sous administration arabe, et de facto sous contrôle français, même si les Anglais y ont la suprématie militaire. Dès la chute de la ville, le drapeau de Hussein (conçu par Sykes) y sera hissé. Les Français ne contrôlent directement que les régions côtières, et l’intérieur doit devenir indépendant, gouverné par un pouvoir hachémite soutenu par des conseillers français.
Fayçal et ses troupes arrivent plus tard que prévu, mais arrivent quand même, ce qui permet à Lloyd George de dire, en 1919, que les forces de Fayçal ont contribué à la conquête de la Syrie et que, par conséquent, c’est lui qui doit administrer la Syrie – chapeauté, bien entendu, par la Grande-Bretagne.
Lors d’une réunion avec Fayçal, Allenby lui dicte les conditions de son pouvoir : en tant que représentant d’Hussein, Fayçal administrera la Syrie (moins la Palestine et le Liban) sous la protection française et sera secondé, dans cette optique, par un officier de liaison français. Fayçal rechigne contre le rôle français, mais par solidarité militaire, Allenby insiste sur la présence d’un officier.
De Damas, Fayçal marche sur Beyrouth, où il arrive le 5 octobre, amenant les Français alarmés à déployer des canonnières et des troupes. Sur ordre d’Allenby, Fayçal est obligé de quitter Beyrouth et Picot est nommé représentant politique et civil de la France, sous l’autorité d’Allenby.
Vers cette époque, certains dirigeants britanniques commencent à se demander s’il est vraiment sage de tenir les promesses faites à la France dans le cadre de l’accord Sykes-Picot. Pour Lloyd George, ce traité est « inapplicable », vu que la Grande-Bretagne a fourni le plus gros de l’effort de conquête, pour Curzon, il est « obsolète », et même Sykes exprime des doutes. Evidemment, les Anglais cherchent à consolider leur propre emprise sur le Moyen-Orient, aux dépens de la France dont la présence devrait être, de leur point de vue, limitée au Liban.
Armistice sans paix
La Turquie et l’Allemagne ayant indiqué qu’elles étaient prêtes à ouvrir des pourparlers de paix, une conférence est organisée avec la première à bord du navire britannique Agammemnon le 27octobre 1918 à Lemnos, en mer Egée … en l’absence des Français ! La Turquie accepte les conditions de l’armistice, obligeant les Jeunes Turcs à s’enfuir pour sauver leur vie. En Europe, l’armistice sera signé le 11 novembre 1918.
Pour empêcher la France de prendre le contrôle de la Syrie, les Anglais insistent sur le rôle de Fayçal et de ses 100 000 soldats (chiffre totalement exagéré) dans la « libération » de la Syrie et son opposition à toute implication française. C’est la position défendue par Lloyd George à la Conférence de Paix qui s’ouvre en 1919 à Paris, et à laquelle il tente de rallier le président américain Woodrow Wilson. Un Fayçal financé par les Anglais et constamment accompagné de son contrôleur T.E. Lawrence, joue volontiers le jeu. La Grande-Bretagne exerce ainsi un contrôle de fait sur la Syrie, même si elle est administrée par de grandes familles arabes.
Cependant, comme l’occupation militaire coûte cher, à la fois sur les plans économique et politique, Londres finit par abandonner ses revendications sur la Syrie, la laissant à Fayçal et aux Français. En janvier 1920, le premier conclut un accord secret avec le Premier ministre français George Clemenceau, prévoyant l’« indépendance » formelle de la Syrie sous tutelle française – c’est-à-dire avec des conseillers français.
Le règlement définitif (au moins provisoire) est conclu au début de 1920 et consacré dans le traité de Sèvres. Pour ce qui est du Moyen-Orient, les conditions sont les suivantes : la Syrie, y compris le Liban, et la Cicilia reviennent à la France, dans l’optique d’une indépendance future ; la Grande-Bretagne reçoit la Mésopotamie (Irak) et la Palestine, tout en exerçant une protection sur l’Arabie (le Hedjaz), ce qui signifie, en clair, qu’elle sera officiellement « indépendante » mais gouvernée par des monarques fantoches des Anglais ; l’Egypte, Chypre et la côte du golfe Persique rentrent formellement dans la sphère d’influence anglaise ; l’Italie obtient Rhodes et le Dodecanèse et exerce son influence sur Adalya (en Turquie).
En mars 1920, Fayçal est proclamé roi par le Congrès national syrien, qui avait opté un an auparavant pour un royaume constitutionnel, une grande Syrie comprenant le Liban, la Transjordanie et la Palestine. Mais peu après, en juillet, les Français lancent une offensive militaire dirigée par le général Henri Eugène Gouraud pour occuper Damas. La Syrie sera entièrement soumise au mandat français et Fayçal envoyé en exil. Il deviendra cependant, avec la bénédiction britannique, roi d’Irak.
Quant à l’Iran (la Perse à l’époque), les Anglais assurent leur propre contrôle grâce à l’accord anglo-perse de 1919 conclu avec Ahmad Shah.
Lors de la conférence du Caire en 1922, alors que des émeutes anti-britanniques se déroulaient depuis le début de 1919, la Grande-Bretagne accorde à l’Egypte une indépendance formelle, abandonnant officiellement son protectorat. Déclarant l’Egypte une monarchie constitutionnelle, la Grande-Bretagne se réserve tout de même certains « droits » : elle est chargée de sa défense (c’est-à-dire le droit de stationner des forces armées sur le territoire égyptien), de la sécurité du canal de Suez, de la gestion du Soudan, du contrôle des communications impériales et des affaires étrangères. Fuad 1er devient roi le 15 mars 1922 et établit en 1928 un régime dictatorial.
C’est lors de cette conférence du Caire que Fayçal est reconnu monarque d’Irak et son frère, Abdallah, émir de Transjordanie. On tente de conférer à Fayçal une légitimité populaire en orchestrant un plébiscite, entre autres. Quant à son frère, il assume ses fonctions à Amman, avec l’aide du spécialiste du renseignement britannique John Philby et avec le soutien de la Légion arabe, commandée par le colonel britannique F.G. Peak, puis Glubb Pacha. En 1923, la Transjordanie sera séparée de la Palestine et servira de zone tampon contre le reste de l’Arabie.
Une question qui n’a été ni abordée ni débattue dans les traités est celle du pétrole. La compétition entre la France et l’Angleterre pour les vastes réserves pétrolières de Mossoul devient critique. Lors de la conférence de San Remo en 1920, elles concluent un accord secret pour le partage du pétrole. Lorsque les Américains en ont vent, ils s’opposent au monopoly et réclament leur part du gâteau. En vertu du traité de Mossoul de 1926, l’Irak exerçait un contrôle officiel sur la région pétrolière et les royalties devaient être réparties entre les compagnies pétrolières britanniques (52,5 %), américaines (21,25 %) et françaises (21,25 %).
En Arabie, Hussein revendique le titre de calife en 1924, ce qui est rejeté par son rival Abdoul Aziz ibn Saud. (Hussein s’était proclamé « Roi de tous les Arabes » à la fin de 1916, mais la Grande-Bretagne, la France et l’Italie ne lui reconnaissaient que le titre de roi du Hedjaz). Le wahhabite ibn Saud déclare la guerre à Hussein et, après la chute des villes saintes de La Mecque et Médine, inflige la défaite aux Hachémites. Hussein abdique et son fils Ali renonce au trône. Ainsi, ibn Saud, le favori du Bureau indien, est proclamé roi du Hedjaz et du Najd en 1926.
Le sort de la Palestine
Au cours des marchandages, la Palestine, revendiquée par la Grande-Bretagne, était censée devenir indépendante à terme. Cette question est la plus compliquée de toute l’histoire de la région et mérite une étude qui va bien au-delà du sujet de cet article. Nous ne ferons par conséquent que quelques observations rapides à ce propos.
Tout en promettant au Hachémite Hussein et à ses fils un royaume arabe et l’indépendance, les Anglais promettaient simultanément aux Juifs un foyer en Palestine. Dans la Déclaration de Balfour du 2 novembre 1917 (du nom d’Arthur Balfour, à l’époque ministre des Affaires étrangères), il est dit :
« Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif, et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte ni aux droits civils et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, ni aux droits et statuts politiques dont jouissent les Juifs dans tout autre pays. »
En vertu de l’accord Sykes-Picot, les Lieux Saints en Palestine devaient être placés sous mandat international. Cependant, l’administration des Lieux Saints ne fut jamais qu’une affaire administrative. Depuis au moins l’époque des Croisades, les puissances européennes ont tenté d’établir leur influence politique à Jérusalem par le biais de leurs institutions religieuses, tout comme les Russes avec les sites de l’Eglise orthodoxe russe, de même que les Arméniens et, bien entendu, les habitants de la région, chrétiens, musulmans et juifs.
Les Français, qui avaient leurs propres visées sur la Palestine, craignaient que le soutien britannique au sionisme se traduise par l’emprise de la Grande-Bretagne sur la région. Les Anglais disaient aux Arabes qu’ils n’avaient pas l’intention de favoriser la création d’un Etat juif, tout en affirmant aux représentants sionistes que telle était bien leur intention. Les affrontements judéo-arabes qui éclatèrent en 1919 avaient été programmés par les Anglais pour empêcher Arabes et Juifs d’unir leurs forces. Le 24 juillet 1922, la Société des Nations accorda à la Grande-Bretagne le mandat sur la Palestine.
L’attitude des dirigeants politiques britanniques était parfaitement cynique, sachant que même les plus « pro-sionistes » d’entre eux étaient antisémites. Il semble que Sykes était anti-juif à l’extrême, mais qu’il détestait encore plus les Arméniens : « Même les Juifs ont leur bon côté, alors que les Arméniens n’en ont aucun », écrivait-il.
Sykes n’était pas pour autant pro arabe. Il aurait écrit que les Arabes urbains étaient « couards », « insolents et méprisables », « vicieux au point que le leur permettent leurs corps affaiblis », tandis que les Arabes bédouins étaient « des animaux (…) rapaces, cupides ».
Epilogue
Aujourd’hui, les Anglais se trouvent à nouveau à Bassorah, protégeant ses riches champs de pétrole, tandis que leurs partenaires, Bush et Cheney, luttent pour maintenir leur contrôle sur Bagdad. Les Anglo-Américains ont promis aux Irakiens l’« indépendance », la « souveraineté », la « liberté » et la « démocratie ». Des unités militaires arabes, organisées en milices ou suivant des clans, se battent aux côtés des armées anglo-américaines, comme elles le firent avec Lawrence d’Arabie, non contre un autre empire, mais contre le peuple irakien qui se soulève contre ce nouveau joug impérialiste.
La Palestine reste la victime du conflit israélo-arabe que les grandes puissances n’ont pas voulu résoudre. On promet solennellement la création d’un Etat palestinien, tout en s’engageant à défendre le droit d’exister d’Israël. Mais aucune option viable pour la réalisation d’un projet de paix n’est avancée.
L’Iran se trouve dans la ligne de mire, enjeu des intérêts rivaux entre la Russie et les Anglo-Américains. Et les Français lorgnent sur la Syrie et le Liban.
Il est grand temps de tirer les leçons de l’histoire.
Qui manipule Al-Qaïda au Maghreb Islamique ? (Vidéo)
Qui manipule Al-Qaïda au Maghreb Islamique

La farce pourrait être drôle si la vie des deux Autrichiens, Andrea Kloiber, 44 ans, et Wolfgang Ebner, 51 ans, n’était pas réellement en danger.
Rappelons les faits : le 22 février dernier, Qaïdat Al Jihad Fil Maghreb Al Islam (QJMI) enlevait les deux touristes en Tunisie. Dans un communiqué placé jeudi sur le forum Al-Ekhlass l’organisation islamiste lançait un ultimatum, également adressé à la représentation diplomatique autrichienne à Alger, en demandant libération de cinq islamistes algériens, dont El Para, contre celle de leurs otages.
Amar Saïfi, dit El Para, ancien militaire et l’un des principaux « émir » du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC devenu QJMI en septembre 2006), avait été l’instigateur de l’enlèvement en 2003 dans le Sahara algérien d’un groupe de 32 touristes européens.
Dix-sept de ces 32 touristes suisses, allemands et néerlandais avaient été libérés au nord de Tamanrasset (extrême-sud algérien) par l’armée algérienne et quatorze avaient été libérés le 18 août suivant à Kidal (Mali) après le versement par Berlin d’une rançon de près de 5 millions d’euros, selon des informations jamais confirmées officiellement. Une otage allemande avait trouvé la mort dans le désert fin juin des suites d’une insolation.
Arrêté au Tchad et remis à l’Algérie, « El Para» est depuis en détention dans l’attente d’un procès reporté à plusieurs reprises. C’est que le prisonnier est encombrant et risquerait de confirmer ce que des anciens membres des services secrets algériens disent depuis longtemps : le GSPC est tellement infiltré par le DRS (ex sécurité militaire algérienne) qu’il en est quasiment une succursale.
Il n’y a qu’à un public occidental que l’on peut faire croire que des hordes de terroristes se cachent entre les dunes du Sahara. En réalité, QJMI évolue sans inquiétude, surtout dans la Mitidja Est, à Mizrana, à Khemis Khechena et à Boumerdes. Longtemps, la plupart des réunions des membres influents de QJMI ont été organisées à Sid Ali Bounab, un lieu bien connu du DRS, mais rien n’a été fait pour décapiter ce groupe armé, bien au contraire.
Dès lors, les questions qui se posent aujourd’hui sont :
1. Qui a le plus intérêt à la libération d’El Para, de sorte à éviter son procès ?
2. Qui à besoin de faire croire à la présence significative d’Al-Qaeda dans les pays du Maghreb ?
Lire également : Abderazak le para n’est qu’un “produit” du DRS (services-secrets algériens)
Ainsi que :
Qui contrôle réellement le GSPC, Al-Qaïda ou le DRS ?
Guerre secrète autour d’Abderezak El-Para
Ci-dessous, une vidéo très instructive sur les méthodes d’infiltrations des services secrets algériens :
Mecanopolis : http://mecanopolis.wordpress.com/2008/03/16/lautriche-compte-sur-ses-allies-pour-resoudre-la-crise-des-otages/
John McCain’s “Spiritual Guide” Calls For Destruction Of Islam
John McCain’s “Spiritual Guide”
Calls For Destruction Of Islam

Senator John McCain hailed as a spiritual adviser an Ohio megachurch pastor who has called upon Christians to wage a “war” against the “false religion” of Islam with the aim of destroying it.
On February 26, McCain appeared at a campaign rally in Cincinnati with the Reverend Rod Parsley of the World Harvest Church of Columbus, a supersize Pentecostal institution that features a 5,200-seat sanctuary, a television studio (where Parsley tapes a weekly show), and a 122,000-square-foot Ministry Activity Center.
That day, a week before the Ohio primary, Parsley praised the Republican presidential front-runner as a “strong, true, consistent conservative.
” The endorsement was important for McCain, who at the time was trying to put an end to the lingering challenge from former Arkansas governor Mike Huckabee, a favorite among Christian evangelicals.
A politically influential figure in Ohio, Parsley could also play a key role in McCain’s effort to win this bellwether state in the general election.
McCain, with Parsley by his side at the Cincinnati rally, called the evangelical minister a “spiritual guide.”
http://www.huffingtonpost.com/2008/03/12/john-mccains-spiritual-_n_91203.html
Recours à la propagande des stratèges de la guerre mondiale: Comment Henry Kissinger veut appeler les Allemands à la guerre
Recours à la propagande des stratèges de la guerre mondiale: Comment Henry Kissinger veut appeler les Allemands à la guerre
Lorsque, après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Américains avaient disputé aux Britanniques leur empire mondial, lorsqu’ils avaient évincé les puissances coloniales d’antan, notamment la France, et commencèrent à construire leur propre hégémonie qui, d’ailleurs, ne reposait pas moins sur la suppression et la domination, la violence et l’exploitation, ils se heurtèrent à un problème majeur: avec l’Union soviétique, ils avaient affaire à un deuxième vainqueur de la guerre qui, quoique complètement exsangue, poursuivait sa propre politique impériale qui reposait sur des données matérielles aussi bien qu’idéologiques.
par Karl Muller, Allemagne
Une nouvelle guerre qui se dirigerait ouvertement contre cette grande puissance n’était pas soutenable, même si, au sein de l’administration étatsunienne, il y en avaient qui caraissaient cette idée et qui auraient applaudi si la guerre froide qui s’annonçait s’était transformée en guerre chaude. Mais on se défendait pourtant de pousser la folie à ce point-là.
Déjà à cette époque-là, les Etats-Unis offraient au monde le répertoire particulier à eux, connu entre-temps partout: on affichait une idéologie recousue en patchwork – à l’époque il s’agissait de celle du «containment» qui exigeait d’endiguer la communauté des Etats socialistes représentée comme entièrement méchante (Le communisme mondial est comparable à «un parasite malin se nourrissant uniquement de tissu malade», selon George F. Kennan, à l’époque conseiller de la politique étrangère américaine, dans une affirmation de 1946 qui se trouve dans pratiquement tous les manuels d’histoire), tandis qu’on réalisait en effet une politique ultra-rigide de pure défense de ses propres intérêts et d’hégémonie.
Ce même George F. Kennan a déclaré, à cette même époque, pendant une audition du Congrès non publique: «Nous devons, partout et sans relâche, diriger notre attention sur nos aspirations nationales imminentes. Nous ne devons pas être dupes de l’illusion de pouvoir nous payer le luxe de l’altruisme et de la bienfaisance à dimension mondiale. Nous devrions arrêter de nous répandre sur des buts tellement vagues tels que les droits de l’homme, l’augmentation du niveau de vie et la démocratisation. Le jour s’annonce où nous serons contraints à baser notre action sur la seule philosophie sobre de l’hégémonie.»
Les méthodes de l’exercice du pouvoir étatsunien varient de continent en continent et de pays en pays. En Asie, en Afrique ou en Amérique latine, on était prêt à mener soi-même la guerre si nécessaire ou à inciter des régimes fantoches à mener la guerre à sa place.
Quant à la partie européenne ne se trouvant pas sous l’administration soviétique, on misait entièrement sur les liens très étroits qui existaient dans les domaines politique, culturel et économique, sur l’alliance militaire de l’OTAN présidée par les Etats-Unis et l’infiltration des services secrets. Le but en était de trouver des partisans – peut-être pas dans les détails, mais dans l’essentiel.
L’Allemagne a toujours été un cas à part. Si au début, la politique américaine avait comme but l’entière soumission et l’épuisement de l’ancien ennemi, la guerre froide en a marqué un tournant stratégique.
Les anciennes zones occidentales d’occupation, réunies en 1949 sous forme de République fédérale, devaient être la place forte européenne contre le communisme, en même temps les nouvelles (et les anciennes!) élites allemandes devaient s’aligner au point qu’on puisse exclure à jamais que l’Allemagne ne redevienne le centre d’une politique autonome au sein de la partie européenne sous contrôle américain.
On attendait un maximum d’avantages d’une Europe organisée de manière supra-nationale, le plus centraliste possible et fustigée par la bureaucratie dans laquelle se retrouvaient solidement intégrés les ennemis d’antan, la France et l’Allemagne.
C’est un fait établi, aujourd’hui, que les administrations étatsuniennes de l’époque ont exercé une influence décisive sur les débuts de l’Europe moderne des CE et UE (ainsi l’idée forte du mémoire de qualification pour l’enseignement supérieur de Beate Neuss, datant de 1999 et intitulé «Geburtshelfer Europas? Die Rolle der Vereinigten Staaten im europäischen Integrationsprozess 1945-1958», 1997, ISBN 3-7890-6384-3; (Accoucheurs de l’Europe? Le rôle des Etats-Unis dans le processus d’intégration européen des années 1945 à 1958))
Les stratégies américaines jusqu’à celle de Zbigniev Brzezinski («Le Grand échiquier. L’Amérique et le reste du monde», ISBN 2-2271-3519-0) ont prôné «l’engagement américain en faveur de l’unité européenne», mais seulement à condition que cette Europe unifiée soit conforme aux intérêts des Etats-Unis: «Avant que les Etats-Unis participent à la construction de l’Europe, ils doivent se rendre compte de quelle Europe ils veulent et savoir quelle Europe ils sont prêts à favoriser.»
Dans les décennies passées, notamment depuis le temps de la transformation de la politique étrangère des Etats-Unis en pure politique de force à la suite de l’écroulement des Etats socialistes au début des années 90, la circonstance qu’on leurrait les peuples européens avec l’idée que l’Europe unifiée serait le grand projet européen de la paix représentait toujours un obstacle considérable.
On légitimait donc les restrictions des droits nationaux souverains avec la nécessité des pays européens à contribuer, après les innombrables sacrifices de deux guerres mondiales, à ce que l’Europe redevienne le continent de la paix.
C’est cette légitimation-là qui explique en partie pourquoi les Allemands, en dépit de toute critique concrète, ont toujours pris une attitude en principe positive quant à l’Union européenne. Et il n’est pas de pays dans l’Europe de l’UE où l’acceptation de mener des guerres dans des pays lointains soit aussi mince que parmi la population allemande. Il s’agit là de l’acquis le plus précieux des expériences allemandes, extrêmement amères.
Le sinistre maître-penseur de la stratégie étatsunienne, Henry Kissinger, a compris qu’il n’arrivera pas à appeler les Allemands à la guerre au nom de l’Europe. Or, rhétoriquement il remonte aux temps avant 1945 (« … que la nation a le droit de leur imposer des sacrifices»), essayant de réveiller les esprits qui ont entraîné l’Allemagne, deux fois au cours du XXe siècle, dans des guerres les plus «riches» en victimes et les plus mensongères de l’histoire de l’humanité, et exigeant de l’Allemagne une fidélité de vassal, mortelle à elle-même et aux autres, dans le seul but que les Américains évitent, en Afghanistan, un autre désastre stratégique, et peut-être conduits aussi par l’arrière-pensée de laisser saigner, lors du compte final, les Allemands.
Mais Kissinger va plus loin que les autres démagogues de guerre étatsuniens. Il ne parle plus de «Guerre contre la Terreur», mais, entièrement sans ambages, de la «Guerre contre l’Islam radical», il parle d’une guerre mondiale. C’est dans ce but-là, en faveur de la guerre mondiale des Etats-Unis, qu’il requiert de la chair à canon allemande. Kissinger se réserve une attitude plus massive que celle de l’administration Bush. Il reproche aux stratèges de la guerre en Irak de l’avoir entreprise avec «insuffisamment de troupes».
Il faut que chacun le sache: à un individu machiavellique comme Kissinger – et il faut se rendre compte qu’il ne se fait que l’écho du discours des cercles très puissants qui veulent continuer à donner le ton aux Etats-Unis – tous les moyens sont bons pour contraindre les Allemands à la bataille. N’importe lesquels
Ce que l’ex-ministre américain des Affaires étrangères Henry Kissinger, 84 ans, attend des Allemands
Citoyens allemands, ne vous laissez pas entraîner par les USA …
Dans une interview accordée au magazine allemand «Der Spiegel», Henry Kissinger exprima sans équivoque ce que lui et les Etats-Unis «attendaient» de l’Allemagne: plus de troupes et surtout des engagements de combats en Afghanistan. Il faut que tous meurent, non seulement les leurs. Et il sait très bien se jouer des médias: d’une part en décrivant le scénario d’un islam radical gagnant de plus en plus d’influence dans le monde entier et qui en cas de retrait des troupes du territoire de l’Irak et de l’Afghanistan aurait des conséquences de grande envergure aussi en Europe, d’autre part en rappelant à Mme Merkel sa réélection.
ev. Alors qu’on l’interrogeait pour savoir si un retrait de l’Irak, comme les démocrates le promettent à leur électeurs, était réaliste, Kissinger esquissa deux possibilités d’un retrait: «Envisageons-nous un retrait comme une partie d’une solution politique dans la région? Ou bien parlons-nous de retrait parce que les Américains en ont assez de cette guerre? Dans ce dernier cas, les conséquences seraient catastrophiques.»
S’adressant ouvertement aux Européens, il prédit des affrontements sanglants dans la région comme conséquence d’un retrait. L’islam radical ne disparaîtrait pas, même si les Etats-Unis devaient se retirer, mais bien au contraire trouverait de nouvelles forces: «Un retrait précipité des pays occidentaux serait compris dans la région comme un aveu d’impuissance. Le Hamas, al-Kaida et le Hizbollah exigeraient immédiatement un rôle plus dominant. La capacité des pays occidentaux à exercer une influence sur le destin de cette région serait réduite à rien. Et ce virus infecterait tous les pays à forte population musulmane: l’Indonésie, l’Inde et de grandes parties de l’Europe.»
Que les Européens ne veulent pas, malgré ces scénarios, approuver l’engagement militaire en Irak relève du fait qu’ils ne veulent pas comprendre qu’il s’agit autant d’un problème européen qu’américain et que les conséquences seraient tout aussi dramatiques pour eux.
On dresse l’oreille lorsqu’il prétend, en réponse à la question de savoir son avis sur le comportement des Européens dans cette «guerre contre le terrorisme» – une notion qu’il rejette: «Le terrorisme est une méthode contre laquelle il est difficile de mener une guerre», – pourtant il faut étendre la guerre à des millions de gens: «Pour moi c’est une guerre contre l’islam radical qui tente actuellement de se débarrasser de tous les éléments de modernité et de s’en prendre aux structures séculaires des sociétés occidentales. Le tout se passant dans une période de l’histoire européenne particulièrement difficile.»
Lorsqu’on lui demande ce qu’il entend par «période particulièrement difficile», Kissinger répond: «Les grands événements en Europe eurent lieu sous l’égide d’Etats nationaux puissants qui s’étaient développés il y a plusieurs centaines d’années.
Les peuples d’Europe n’ont jamais mis en cause les sacrifices exigés d’eux par la nation. Ces anciens Etats nationaux se sont maintenant fondus dans l’Union européenne. Les gouvernements nationaux n’ont plus la force d’exiger quoi que ce soit de leurs citoyens.» […]
«Le problème qui se pose actuellement est que les Etats nationaux ont non seulement remis à l’Union européenne une partie de leur souveraineté, mais aussi lié leur vision d’avenir à celle de l’Union européenne. Toutefois, l’Union européenne n’a pas le sens de la vision et n’engendre pas la même loyauté. Il existe un vide entre le passé de l’Europe et son avenir.»
Kissinger semble donc regretter que les gouvernements européens aient de la peine à obtenir de leurs populations non seulement de payer, mais encore de mourir pour le «projet de paix», pour le «bien des populations européennes» – l’UE – au lieu de se sacrifier pour Dieu, l’empereur et la patrie.
Lorsqu’on lui demande ce qu’il attend des gouvernements et des chefs d’Etats élus «au cas où la chancelière allemande, Angela Merkel, devait se dresser pour exiger des Allemands des sacrifices dans la lutte contre le terrorisme», il répond:
«Je crois qu’Angela Merkel devrait, comme les autres chefs de gouvernements, penser à sa réélection. J’éprouve un grand respect pour elle. Par ailleurs, je ne connais pas beaucoup d’Européens qui pensent qu’une victoire des islamistes radicaux resterait sans graves conséquences pour nous. Et pourtant, ils ne sont pas prêts à dire: nous nous impliquons et nous combattrons.»
Lorsqu’on lui demande comment il voit concrètement les engagements, par exemple des troupes allemandes dans le sud de l’Afghanistan, Kissinger répond qu’il ne voit pas pourquoi seuls les Etats-Unis devraient mener une guerre dans l’intérêt des Occidentaux.
Si l’Occident n’y a pas d’intérêts, il n’a pas besoin de combattre, mais dans la mesure où il y a des intérêts vitaux, alors «il faut se battre.» Pour qui comprend cela, dans la mesure où il fait partie de l’alliance, il doit s’engager dans cette guerre.
« En Afghanistan, nous avons besoin de plus de troupes tant allemandes que de l’OTAN. Il n’est pas admissible qu’un des Etats-membres de l’OTAN protège ses soldats en les envoyant dans des régions où il n’y a pas de combats. Cette situation n’est pas saine.»
Alors qu’on s’inquiète de savoir s’il a quelque compréhension pour la position de nombreux Allemands qui, se rappelant les leçons de l’histoire, ne veulent pas de participation à la guerre, il répond qu’il comprend très bien, mais qu’à la longue cette position n’est pas tenable:
«Nous ne pouvons pas avoir, à long terme, deux sortes de membres de l’OTAN, l’une prête à se battre, l’autre se contentant de mener une alliance à la carte. Cela ne marchera pas.»
C’est aux Allemands eux-mêmes à décider comment amener leurs compatriotes à changer leur point de vue.
Toutefois, s’ils devaient s’en tenir à leur attitude actuelle, alors l’Allemagne ne jouerait plus qu’un rôle marginal en Europe.
On verra, lorsque la nouvelle administration américaine sera en place, dans quelle mesure le refus de participer aux engagements militaires actuels, de la part de l’Allemagne et d’autres pays européens, émane d’une profonde méfiance envers la politique de force de la superpuissance américaine.
On verra alors si les erreurs du gouvernement Bush ne furent que des prétextes couvrant les oppositions entre l’Europe et l’Amérique ou si le tout repose sur une opposition réelle. Actuellement, beaucoup de gouvernements européens se cachent derrière «Bush, le mal aimé», ce qui peut se comprendre vu les erreurs commises.
Quant aux erreurs évoquées, Kissinger affirme qu’il ne critique pas la stratégie politique de Bush et que cette dernière ne changera pas avec un nouveau président; car «l’armée fut dotée de trop peu de troupes en Irak.»
Au lieu d’impliquer l’armée irakienne, on l’a dissoute et mal mené les relations avec les alliés et les amis. «Par ailleurs, je reconnais que Bush avait diagnostiqué correctement les dangers apparus dans le monde du fait de l’islam radical et qu’il mène cette guerre avec beaucoup de courage. On lui en saura gré, plus tard» et pas que dans un demi-siècle, mais bien plus tôt.
Lorsqu’on lui demande si le prochain président exigera plus de volonté d’engagement de la part des Européens, il demande à voir dans quel sens on posera cette exigence. Le prochain président des Etats-Unis pourrait estimer qu’il n’est pas possible de continuer dans cette voie sans l’appui de l’Europe. «Ce serait alors un argument pour imposer ses propres plans de retrait.» •
Source: Der Spiegel du 18/2/08, p. 110 sqq.
International Atomic Energy Agency inspectors clear Iran with green light
International Atomic Energy Agency says it has been able to verify non-diversion of nuclear material in Iran
Vienna, Feb 23
International Atomic Energy Agency (IAEA) in its latest report released on Friday said it has been able to continue to verify the non-diversion of declared nuclear material in Iran.
The report presented to representatives of 35 member states of IAEA’s Governing Board said,
“Iran has provided the Agency with access to declared nuclear material.”
“Iran has also responded to questions and provided clarifications and amplifications on the issues raised in the context of the work plan.”
Iran News Agency
Of course, the war-mongering Western media tries to spin a dark shadow on the report:
The UN nuclear watchdog says Iran has supplied transparent data on its past nuclear activities but adds it has limited knowledge of its current work.
The IAEA also found in a report that Tehran was still enriching uranium in defiance of the UN Security Council.
Iran said the report was a clean bill of health but the US said it showed Tehran was not co-operating.
The BBC’s Jon Leyne says Iran probably has done enough to fend off any new UN sanctions and has deferred the crisis.
The BBC’s Bethany Bell in Vienna says that while a number of questions about Iran’s past nuclear work have been answered, the report says the IAEA’s knowledge about Tehran’s current nuclear programme is diminishing.
The report, a copy of which was obtained by the BBC, found Tehran had been operating 3,000 centrifuges, the machines used to enrich uranium, at its plant at Natanz.
“Contrary to the decisions of the Security Council, Iran has not suspended its enrichment related activities,” the document says.
But the IAEA also noted the answers Iran had given about the history of its centrifuge programme were consistent with the agency’s own findings.
The report by IAEA Director-General Mohamed ElBaradei praised Iran for making progress in responding to questions about its past nuclear activities.
“Iran has provided sufficient access to individuals and has responded in a timely manner to questions and provided clarifications and amplifications on issues raised in the context of the work plan,” the report said.
A senior UN official said this was a significant step forward.
However, the report said Iran’s co-operation with the IAEA had been “reactive” rather than “pro-active” and that the IAEA was continuing to check whether Iran’s declarations were complete.
On Tuesday, diplomats said Iran had given the IAEA a document containing design information that could be used for parts of a nuclear weapon. The IAEA had been asking Iran for the document since 2005.
Western powers are concerned because, while enriched uranium is used as fuel for nuclear reactors, highly enriched uranium can also be used to make nuclear bombs.
Tehran has argued that it needs nuclear power and insists its intentions are entirely peaceful.
At a Tehran news conference held after the report was given to the IAEA board and the Security Council, Iran’s new chief nuclear negotiator welcomed the findings.
Saeed Jalili said: “For those who had doubts about the Iranian nuclear programme, the report is very clear and indicates that the basis upon which the nuclear case was referred to the Security Council has collapsed.”
However, the US said the IAEA confirmation of Iran’s expanding uranium enrichment programme backed up their argument that Tehran was continuing to defy world demands.
White House spokeswoman Dana Perino said: “The United States will work with our partners on the UN Security Council and Germany as we move towards a third set of Security Council sanctions.”
http://news.bbc.co.uk/2/hi/middle_east/7096883.stm
Back in mid November of 2007, the IAEA released another favorable report about Iran:US dismisses nuclear report on IranKaveh L Afrasiabi
The much-anticipated report on Iran by the head of International Atomic Energy Agency (IAEA) that was released this week confirms “substantial progress” in Iran’s cooperation with the agency and the steady resolution of disputed issues and, yet, the US government has reacted swiftly by belittling Iran’s cooperation and maintaining its aggressive push for a new round of United Nations sanctions on Iran.
…
But, this may not be so easy in light of the depth and scope of Iran’s genuine cooperation, the IAEA’s confirmation of consistency of new Iranian information with their own independent investigations, and the sheer absence of any evidence of nuclear weapons proliferation in Iran. The report states:
The agency has been able to verify the non-diversion of declared nuclear material in Iran. Iran has provided the agency with access to declared material, and has provided the required material accountancy reports in connection with declared nuclear material and activities … Iran has provided sufficient access to individuals and has responded in a timely manner and provided clarification and amplifications on issues raised in the context of the work plan of Iran and the IAEA.
http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/IK17Ak01.html
That’s bad news for the war-mongering, no matter how the Western media spins it, they can’t change the fact that the report stated, “Iran has provided sufficient access to individuals and has responded in a timely manner to questions and provided clarifications and amplifications on issues raised in the context of the work plan.” And even the BBC had to admit that “The report by IAEA Director-General Mohamed ElBaradei praised Iran for making progress in responding to questions about its past nuclear activities.”It once again exposes them as consistent liars, and it removes their excuse for attacking Iran.
Kosovo and Muslim solidarity
Kosovo and Muslim solidarity
22/ 02/ 2008
MOSCOW.
RIA Novosti commentator Maria Appakova
More and more countries are getting ready to recognize Kosovo’s independence, but many are hesitant, including some Arab and Muslim countries despite Washington’s appeals to display solidarity with Kosovo Muslims.During a briefing on Kosovo after its declaration of independence, Under Secretary for Political Affairs Nicholas Burns welcomed the recognition of this step by the Organization of the Islamic Conference (OIC), and hence, by the governments of its member countries. He said: “And we think it is a very positive step that this Muslim state, Muslim majority state, has been created today.”
It’s up to the Europeans to decide whether Burns is right or not, but the U.S. and European media have many apprehensions over the emergence of a Muslim enclave in the heart of Europe that is still predominantly Christian. European self-identification is one of the most sensitive issues. It is being raised over and over again – during debates on the European Constitution, the prospects of Turkey’s admission into the European Union (EU), migration, or the protests after the publication of cartoons of Prophet Muhammad. These debates are a European affair, but Washington is using the Islamic factor to pursue its own ends.
Today, the most urgent issue is whether Kosovo will create a precedent for other territories. This is why many Muslim and other countries do not rush to accept Kosovo’s independence. The United States hoped for Islamic solidarity, but in vain.
Only three OIC members – Turkey, Afghanistan and Senegal – have recognized Kosovo’s independence out of almost 60 members of the organization. Others have adopted a wait-and-see attitude because of the potential threat of a domestic split, or destabilization in neighboring countries.
Let’s name some of the potentially dangerous zones – Iran with Kurdish and Azerbaijani enclaves; Morocco and the Western Sahara problem with the periodic Berber unrest; and Algeria with the same Berber problem. There are sizeable Shiite communities in the Persian Gulf monarchies. Shiites account for 75% of Bahrain’s population; the relevant figure for Saudi Arabia is about 15%, Qatar 11%, and the United Arab Emirates 17%.
Relations between these communities and the government are quite complicated. The situation in Syria is also potentially explosive. The situation only appears stable, but if the central government shows weakness, inter-communal conflicts will instantly flare up. However, events in Lebanon and Iraq are much more dangerous than that.
For the time being, no politician in these conflict-prone zones has loudly expressed readiness to follow Kosovo’s example. This is not because it would not be entirely correct to compare them with Kosovo from the legal and political points of view. Kosovo’s independence is threatening primarily because a decision on it was made without a UN Security Council resolution. It is solely based on the support of the United States and some European countries. In other words, political circumstances have prevailed over international law. Hence, others may follow Kosovo’s example. Success will depend on what Washington wants to achieve. This gives food for thought to those who may follow this example and those who are afraid of separatist attitudes in their own countries.
It is no accident that the Kurds did not follow this path in the first days after Kosovo declared independence, although many analysts and journalists, including those from America and Turkey, have been discussing the Kurdish problem in this context. They are asking why the Kurds are denied what the Kosovars have been given.
The Kurdish problem is very similar to the Kosovo case, but the political situation does not favor the Kurds. For the most part, they live in four countries – Turkey, Iraq, Iran, and Syria. No matter how much Washington would like to get at Damascus and Tehran, it will not undermine the interests of Ankara, its long-standing ally and partner. Moreover, the Americans do not even interfere with Turkey’s military operations against the “Kurdish separatists.” As for the Iraqi Kurds, they themselves need U.S. support that guarantees security and brings tangible political and economic benefits. This is why the Kurds are not rushing to follow Kosovo’s scenario, and Ankara has boldly recognized Kosovo’s independence.
Unlike the Kurds, the Palestinians were not silent. Yasser Abd Rabbo, an advisor to head of the Palestinian National Administration Mahmoud Abbas, declared that the Palestinians may follow Kosovo’s example and declare unilateral independence if dialogue with Israel does not produce the desired effect. His statement was instantly refuted by other high-ranking Palestinian politicians, including Abbas himself who favors continuing the talks.
But once again, it does not matter whether the situation in Kosovo is similar to that in the Middle East, although Washington is doing all it can to prove that the Kosovo case is truly unique. Everything is much simpler. Currently, the United States stands for the continuation of Palestinian-Israeli talks and insists on an early declaration of Palestine’s independence. Under different circumstances, the Palestinians will recall the Kosovo case, and will be backed by other Arab and Muslim politicians.
For the time being, most governments are pondering over what will cost them more – recognition of Kosovo’s independence or neutrality.
« Hystérie préventive » en Israël
« Hystérie préventive » en Israël
Les tiraillements politiques et les polémiques entourant le prochain sommet arabe, prévu fin mars à Damas, ont fait la « Une » de la presse libanaise et arabe.
Les analystes estiment que le sort de ce sommet est désormais lié à l’íssue de la crise libanaise, dont le règlement permettrait l’élection d’un président de la République qui représenterait le Liban lors de cette réunion.
C’est dans ce contexte que le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, doit débarquer à Beyrouth pour tenter de trouver un compromis, encore incertain, entre le 14-mars pro-US et l’opposition nationale.
Jeudi 21 Février 2008
Tendances et événements au Proche-Orient
« Hystérie préventive » en Israël
Les mesures préventives se poursuivent en Israël dans une ambiance hystérique après les propos du chef de la Résistance libanaise, sayyed Hassan Nasrallah, lors des funérailles du chef militaire du Hezbollah, Imad Mughniyé, tué le 12 février dans un attentat à Damas. Des réservistes ont été partiellement mobilisés et des mesures, habituellement prises en temps de guerre, ont été mises en œuvre à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Cet état d’alerte exceptionnel s’accompagne de supputations sur la nature de la riposte du Hezbollah.
Les experts redoutent l’enlèvement ou l’assassinat de hauts responsables israéliens ou l’organisation d’opérations militaires spectaculaires et douloureuses dans les territoires palestiniens. Dans ce contexte, on peut noter les observations suivantes :
1. L’ attitude d’Israël après l’assassinat d’Imad Mughniyé ne laisse aucun doute sur sa responsabilité, en dépit du démenti officiel de tout lien avec l’attentat de Damas. De toute façon, Israël n’a jamais officiellement reconnu l’implication de ses services de renseignement dans ce genre d’actions.
De toute vraisemblance, l’assassinat est l’œuvre d’une équipe internationale et régionale coordonnée par le responsable du Moyen-Orient au Conseil sécurité nationale états-unien, Elliot Abrams.
Le groupe qui a exécuté l’attentat pourrait comprendre des ressortissants de pays arabes, dirigés par des États-uniens.
Dans ce contexte, il faut se souvenir des réunions des chefs des services de renseignement des États arabes dits « modérés », présidées par la secrétaire d’État Condoleezza Rice, en 2007, en présence d’Abrams.
Selon certaines informations, des dirigeants des SR israéliens auraient pris part à quelques-unes de ces réunions.
2. Dans le débat sur les conséquences de l’assassinat de Mughniyé, certains analystes israéliens n’hésitent à dire qu’Israël à commis une « stupidité » au vu du prix exorbitants qu’il pourrait payer.
Ces experts adressent notamment leurs critiques au Premier ministre Ehud Olmert et à son ministre de la Défense, Ehud Barak, qui ont donné l’ordre de l’opération. D’autres spécialistes pensent que la riposte du Hezbollah va se limiter à une recrudescence des opérations anti-israéliennes dans les territoires palestiniens et ne va pas comprendre des attaques contre des ressortissants ou des responsables de l’État hébreu à travers le monde.
Les menaces de certains responsables israéliens de lancer une « guerre destructrice » dans la région en cas d’attaque du Hezbollah ont été sévèrement dénoncées. Surtout que la puissance de feu du Hezbollah dans le domaine des roquettes est restée intacte, comme l’a récemment reconnu Ehud Barak.
Le projet de ce dernier de construire un dôme de fer pour protéger Israël des missiles du Hezbollah continue de faire sourire les spécialistes.
3. Les probabilités d’une attaque terrestre d’envergure contre la Bande de Gaza augmentent, bien que certains milieux israéliens continuent de s’interroger sur la pertinence d’une telle opération au regard des expériences du passé.
Presse et agences internationales
AL KHALEEJ (QUOTIDIEN EMIRATI)
Si on ajoute les tensions dans la rue, au vide institutionnel, au sabotage des institutions, à l’éclatement politique, aux accusations réciproques qui ont atteint les appels au divorce ou au départ, quelle image obtiendra-t-on du Liban qui a souffert, ces dernières décennies, d’une guerre civile et de deux invasions israéliennes dont une a dépassé la capitale Beyrouth ?
AL WATAN (QUOTIDIEN SAOUDIEN)
En décidant de revenir à Beyrouth pour exposer aux loyalistes et à l’opposition son initiative visant à élire à la présidence le général Michel Sleimane, former un gouvernement d’union nationale et élaborer une nouvelle loi électorale plus représentative du peuple libanais, il semble que le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, rame à contre-courant.
EUROPOLITIQUE (AGENCE DE PRESSE DE L’UNION EUROPEENNE)
Le Conseil de l’Union européenne a adopté, le 18 février, les versions révisées des partenariats d’adhésion de la Turquie et de l’ancienne république yougoslave de Macédoine (ARYM) ainsi que les mises à jour des partenariats avec l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine et la Serbie.
LE FIGARO (QUOTIDIEN FRANÇAIS, MAJORITE PARLEMENTAIRE)
L’ancien ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, a été nommé hier par Ban Ki-Moon secrétaire général adjoint de l’Onu chargé des financements innovants ; un poste taillé sur mesure. Douste-Blazy avait été chargé en son temps par Jacques Chirac de mettre en place le fonds Unitaid, de lutte contre les grandes pandémies dans le tiers-monde, en le finançant par une taxe sur les billets d’avion. Au Quai d’Orsay, où Douste-Blazy n’a pas laissé un bon souvenir, on ne cachait pas ce matin son irritation.
24 HEURES (QUOTIDIEN SUISSE)
Le Parti socialiste suisse s’inquiète des nouveaux contrats d’armement signés avec les Émirats arabes unis pour 6,5 millions de francs suisses. En effet, en 2005 les Émirats avaient acheté des chars M109, puis les avaient illégalement revendus au Maroc, alors que la Suisse s’y opposait en raison du conflit du Sahara.
THE TIMES (QUOTIDIEN BRITANNIQUE, GROUPE MURDOCH)
Selon des documents rendus publics hier, le général israélien Doron Almog se trouvait à bord d’un avion d’El-Al ayant fait escale le 11 septembre 2005 à l’aéroport d’Heathrow. Accusé, d’avoir détruit illégalement 59 habitations à Gaza en 2002, il fait l’objet d’un mandat d’arrêt pour crimes de guerre. Cependant, à l’issue d’une confrontation de 2 heures, les autorités britanniques ont renoncé à l’arrêter de peur d’une fusillade avec les officiers de sécurité israéliens embarqués dans l’appareil.
THE AUSTRALIAN (QUOTIDIEN AUSTRALIEN, GROUPE MURDOCH)
Le chef d’état-major des armées australiennes, le général Marshal Houston, a déclaré hier devant une commission d’évaluation du Sénat que le moment été venu pour l’Australie de se retirer d’Irak. Selon lui, l’amélioration de la situation et les progrès accomplis par les forces locales font que la présence australienne n’est plus indispensable.
De son côté, le ministre de la Défense, Joel Fitzgibbon, a indiqué que l’Australie pouvait maintenant s’impliquer plus en Afghanistan.
RIA-NOVOSTI (AGENCE DE PRESSE RUSSE)
• Un porte-parole de la Commission européenne a annoncé que l’Union envisageait d’octroyer 1 milliard d’euros en quatre ans au Kosovo. Le nouvel État a été reconnu par 18 membres de l’Union sur 27.
Alors que le gouvernement grec n’a pas reconnu le Kosovo, il a accepté de participer à la mission de l’Union sur place, suscitant la colère de l’opposition grecque qui l’accuse de duplicité.
Le gouvernement russe maintient sa proposition au Conseil de sécurité à propos du Kosovo. A ses yeux, seule une solution négociée dans le respect des deux parties (serbe et albanophone) peut garantir une paix durable. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères russe a souligné que le déploiement de la mission de l’UE au Kosovo n’a pas de base juridique et contourne le Conseil de sécurité, bref qu’il est « illégal ».
• Ruhama Avraham, ministre israélienne des Relations avec le Parlement, a indiqué avoir entrepris des démarches auprès de la Douma russe pour demander l’aide de Moscou dans la libération de ses trois soldats capturés dans la bande de Gaza et au Liban en 2006.
THE WASHINGTON POST (QUOTIDIEN ÉTATS-UNIEN)
Le gouvernement irakien a donné instruction à sa police de nettoyer les rues des mendiants, des handicapés et des déficients mentaux. Il craint en effet que ceux-ci ne soient utilisés par Al-Qaeda « comme kamikazes à leur insu » (sic).
THE NEW YORK TIMES (QUOTIDIEN ÉTATS-UNIEN)
Intervenant dimanche devant la Conférence des présidents des organisations juives américaines, le Premier ministre israélien Ehud Olmert a affirmé que, d’un commun accord avec la délégation palestinienne, la question de Jérusalem ne serait abordée qu’à la fin des négociations. Interrogé par le journal, le négociateur en chef palestinien, Saëb Erekat, a nié qu’un tel accord ait été conclu entre les deux parties.
TODAY’S ZAMAN (QUOTIDIEN TURC ANGLOPHONE)
L’option d’une opération militaire terrestre de l’armée turque contre les séparatistes kurdes retranchés dans le nord de l’Irak est « sur la table », a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Ali Babacan. En général, les opérations militaires contre le PKK dans les régions montagneuses de l’est de la Turquie sont lancées au printemps, après la fonte des neiges. « Le calendrier et les conditions météo sont (des déterminants) importants », a souligné le chef de la diplomatie.
GRANMA (QUOTIDIEN CUBAIN)
Fidel Castro, leader de la Révolution cubaine
« Je n’aspirerai ni n’accepterai –je répète– je n’aspirerai ni n’accepterai la charge de président du Conseil d’État et de commandant en chef. Ma première obligation après tant d’années de lutte était de préparer le peuple à mon absence, psychologiquement et politiquement. Jamais je n’ai cessé de signaler qu’il s’agissait d’un rétablissement qui n’était pas exempt de risques. Heureusement, notre processus compte encore avec des cadres de la vieille garde, unis à d’autres qui étaient plus jeunes quand a commencé la première étape de la révolution. Le chemin sera difficile et requerra l’effort intelligent de tous. Je ne vous fais pas mes adieux. Je souhaite combattre comme un soldat des idées. »
• Le mouvement de Moqtada Sadr a tempéré les déclarations faites dimanche sur l’annulation d’un accord avec son grand rival au sein de la communauté chiite irakienne, le Conseil suprême islamique d’Irak (CSII), affirmant qu’il s’agissait d’un « avertissement ». « Les déclarations du mouvement sadriste ne signifient pas l’annulation de l’accord entre les deux parties, mais c’est un avertissement au Conseil suprême », a affirmé Salah al-Obeidi, le porte-parole du bureau de Moqtada Sadr à Najaf. « Si le CSII ne fait rien pour régler les problèmes entre les deux parties, nous les mettons en garde contre les conséquences », a ajouté M. Obeidi.
• En Irak, deux Saoudiens et un Algérien, membres d’el-Qaëda, ont été tués mardi avant l’aube par les forces spéciales irakiennes près de Samarra, dans le nord de l’Irak, a indiqué un officier de ces forces. Les forces spéciales ont arrêté un chef local d’el-Qaëda, Mahmoud al-Rahmani, lors d’une opération contre la cache de l’organisation dans le quartier industriel de Samarra, d’après le lieutenant Mouthanna Chakir Mahmoud. Son interrogatoire a mené les forces spéciales à une deuxième cache, dans les faubourgs de Samarra, où les forces spéciales ont engagé des combats avec les deux Saoudiens et l’Algérien, qui ont été tués, a ajouté le lieutenant. D’importantes quantités d’armes – dont des roquettes et des bombes– ont été découvertes dans les deux caches, a-t-il précisé. En outre, un père de famille, sa femme, son fils ainsi qu’une voisine, participant à la lutte contre les affiliés d’el-Qaëda, ont été tués par l’organisation extrémiste près de Baaqouba. Selon des membres du village et de la famille, la famille avait rejoint récemment les « comités populaires », appelés également les « Forces du réveil ».
• Le chef de la diplomatie égyptienne Ahmad Aboul Gheit a chargé l’un de ses adjoints de convoquer l’ambassadeur du Danemark au Caire pour lui affirmer que l’Égypte jugeait inacceptables les tentatives des médias danois de répéter l’offense portée aux sentiments et aux symboles sacrés des musulmans dans le monde entier, selon le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hossam Zaki.
• Le Conseil des gardiens de la Constitution iranienne, chargé de superviser les élections, a repêché 251 nouveaux candidats qui avaient été disqualifiés pour les législatives du 14 mars, a rapporté le site officiel du ministère de l’Intérieur. Le 22 février « est le dernier délai pour le Conseil des gardiens pour publier la liste des candidats approuvés », a déclaré Abbas-Ali Kadkhodaie, porte-parole du Conseil, cité sur le site Internet du ministère de l’Intérieur. « Nous sommes en train d’examiner les plaintes et nous allons publier les résultats le 3 du mois iranien d’esfand », qui correspond au 22 février.
Ensuite, les candidats disqualifiés disposeront d’un dernier recours devant le même Conseil. Le Conseil des gardiens, contrôlé par les conservateurs et chargé d’approuver la liste définitive des candidats, a repêché à ce jour 831 candidats sur un total de 2200 disqualifiés par les instances subalternes. « Sur les 251 candidats repêchés, il y a une dizaine de réformateurs approuvés », a déclaré Hossein Marashi, vice-président de l’état-major de la coalition des réformateurs, qui regroupe 30 partis et mouvements politiques.
Tendances et événements au Liban
Amr Moussa réussira-t-il une percée entre le 14-mars et l’opposition ?
À la veille de la nouvelle phase de l’initiative arabe, que devait inaugurer ce mercredi Hicham Youssef, l’adjoint du secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa, des indices contradictoires sont apparus quant à l’orientation que pourrait prendre la crise libanaise :
1. Des informations ont indiqué que lors de sa tournée dans certaines capitales arabes et occidentales, le chef de la diplomatie saoudienne, le prince Saoud al-Fayçal, a plaidé en faveur de l’ínternationalisation de la présidentielle libanaise en transférant le dossier de la Ligue arabe au Conseil de sécurité des Nations unies. Mais les pays européens participants à la Finul ainsi que la Russie ont informé le ministre des Affaires étrangères wahhabite de leur refus d’une telle option. Moscou aurait même informé al-Fayçal qu’íl est peu probable qu’une nouvelle résolution soit votée en Conseil de sécurité dans le but d’accroitre les pressions sur la Syrie.
2. Amr Moussa et le président de la Chambre, Nabih Berry, sont en contact permanent pour coordonner leurs efforts afin de faire réussir la réunion, annoncée par Moussa, entre le général Michel Aoun et Saad Hariri
, dimanche prochain. Un projet de solution à la crise serait en gestation et reste entouré de secret, afin d’éviter qu’il ne soit torpillé par les faucons du 14-mars.
3. Les efforts déployés par des parties étrangères pour tenter de régler la crise se heurtent à l’intransigeance des Etats-Unis et de l’Arabie saoudite. Une source dirigeante de l’opposition a estimé que les déclarations du diplomate US David Satterfield, qui a tournée en dérision l’initiative arabe, l’appel de Riyad à ses ressortissants à éviter le Liban, ainsi que la décision de la France de fermer deux de ses centres culturels à Tripoli (Liban-Nord) et Saïda (Liban-Sud), constituent des messages à connotation sécuritaire et politique. Leur résultat est d’amplifier les craintes des Libanais sur l’existence d’un plan arabe orchestré par Washington pour provoquer une explosion de la situation au Liban et empêcher toute entente entre le 14-mars et l’opposition.
4. Des informations de presse en provenance de Paris évoquent un prochain retour de l’ambassadeur Jean-Claude Cousseran au Liban et dans d’autres capitales, en sa qualité d’émissaire présidentiel, cette fois-ci. Dans ce cadre, des divergences semblent exister sur l’approche à adopter dans la crise libanaise entre le Quai d’Orsay et l’Élysée.
5. Face à la gravité de la situation sur le terrain, l’Armée libanaise a procédé à un déploiement massif dans quelque 30 points chauds de la capitale. Mais le commandement de l’armée ne se fait pas d’illusion sur les limites de ses capacités à faire face à des débordements de grande ampleur, consciente du fait que la sécurité est avant tout une question politique.
6. Autre grand rendez-vous de cette semaine, le discours que doit prononcer le chef du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, vendredi, à l’occasion d’une cérémonie organisée pour les grands martyrs de la Résistance, tous assassinés par les Israéliens (Ragheb Harb, Abbas Moussaoui et Imad Mughniyé). Dans ce cadre, des informations font état de progrès dans l’enquête sur l’assassinat de Mughniyé et les analystes estiment que cet attentat pourrait constituer le prélude à une guerre régionale lancée contre le Liban, la Syrie et Gaza, avec une couverture des arabes dits « modérés ».
7. La campagne médiatique saoudienne contre la Syrie et le Hezbollah se poursuit à travers des journaux et des chaines satellitaires financés par le royaume wahhabite.
Déclarations
FOUAD SINIORA, PREMIER MINISTRE (14-MARS)
« Les Libanais ont une nouvelle fois plébiscité le 14 Mars, exprimant leur refus de la guerre et des conflits internes, et soutenant l’initiative arabe. Nos concitoyens veulent vivre dans un État qui respecte la dignité humaine et non pas dans une myriade de mini-États où l’on brûle des pneus et où l’on exploite les questions sociales pour d’autres fins. Lors de la dernière guerre israélienne contre le Liban, toutes les parties, notamment sayyed Hassan Nasrallah et le président Berry, ont soutenu le plan en sept points du gouvernement qui réclame la libération des fermes de Chebaa et stipule clairement que le Liban sera le dernier pays à conclure un accord de paix avec Israël. Mais il est inadmissible que les Libanais soient astreints à payer le prix de l’ensemble du conflit israélo-arabe, d’autant qu’ils ont subi sept invasions israéliennes au cours des trente dernières années (…) Certaines parties exigent que le prochain cabinet soit formé selon la règle des 10+10+10. Mais l’un des principaux acquis de Taëf est le principe de l’égalité. Il ne faudrait donc pas introduire de nouveaux éléments qui pourraient mener à l’anéantissement du principe de l’équité et à l’instauration de la règle des trois-tiers que refusent les Libanais. »
CHEIKH ABDEL AMIR KABALAN, HAUT DIGNITAIRE RELIGIEUX CHIITE
« O Imad (Mughniyé, ndlr), toi et tes camarades nous avez relevé la tête. Imad, tu n’es pas mort. Ceux qui ont comploté contre toi sont morts. Israël est dans une situation de panique. Son armée est en état d’alerte et il vit l’angoisse des conséquences néfastes de l’assassinat sur ses ambassades à l’étranger et ses soldats à l’intérieur. Ils ont voulu faire la guerre et nous, nous ne commençons pas les guerres. Si vous voulez la guerre, nous vous disons bienvenue, nous serons tous des Imad Mughniyé. Nous, au Liban, portons les armes uniquement contre Israël. Mais avec nos frères libanais, nous agirons selon le précepte de Issa fils de Marie (Jésus-Christ) : “Qui vous frappe sur la joue droite, tendez-lui la joue gauche” ». Nous tous, avec mes frères du Hezbollah et d’Amal, nous resterons libanais avant tout. Nous sommes fiers de notre identité libanaise. »
OMAR KARAME, ANCIEN PREMIER MINISTRE (OPPOSITION)
« L’opposition est attachée à la paix civile et les derniers propos de David Satterfield, la semaine dernière, révèlent d’une manière flagrante la volonté des loyalistes de ne pas parvenir à un règlement de la crise. »
AMINE GEMAYEL, ANCIEN PRESIDNT DE LA REPUBLIQUE (14-MARS)
« La crispation politique qui a précédé le retour de Amr Moussa n’est pas un signe encourageant quant au dénouement de la crise. L’opposition n’est pas prête à conclure un accord lors de la dernière visite de l’émissaire de la Ligue, vu qu’elle a refusé toutes les offres qui lui ont été présentées, insistant sur un panier complet. Ceci démontre que l’opposition s’est retournée contre la Constitution, contre Taëf pour instaurer de nouvelles coutumes sur la scène politique. Les propos de sayyed Hassan Nasrallah sur la guerre ouverte contre Israël marquent l’avènement d’une nouvelle phase. À quel point un chef de parti peut-il imposer des orientations stratégiques au pays sans revenir aux institutions constitutionnelles ? ».
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What would it take to launch a war with Iran?
What would it take to launch a war with Iran?
By Bruce RamseySeattle Times editorial columnist
Iraq should have cured President George W. Bush of any further itch for starting a war. And yet there comes a rumble for an attack on Iran. Opposing this, the Center for Arms Control and Nonproliferation sends out emissaries, several of whom visited The Seattle Times.
Among them was Brig. Gen. John H. Johns (ret.), who was assistant commander of the 1st Infantry Division and a lecturer at the Army War College. Like other generals, Johns opposed the invasion of Iraq, and he now opposes an attack on Iran.
Is such an attack possible? It is Bush’s last year in office. There is no time for a land war, and anyway, says Johns, “We don’t have the ground troops to do it.” But an air war is possible. Johns says it might destroy 1,200 to 1,600 targets.
Johns is not a spokesman for the government. Whether that makes him less credible will depend on your point of view. He lives near Washington, D.C., and socializes with retired generals and CIA officers and others from the security world. He speaks on behalf of a peace group. Take that for what it is worth.
Here is what he says: Last year, there was a push in the administration for an air war against Iran. The given reason was Iran’s plan to build an A-bomb. Then came the National Intelligence Estimate that said Iran had given up on it five years ago.
Says Johns, “The intelligence community intended that to be public to lessen the president’s chance of going to war. They wanted to avoid being complicit in another war. That’s the story I get.”
Johns says a struggle is under way in Washington, D.C. Those opposed to an attack include Secretary of State Condoleezza Rice, Secretary of Defense Robert Gates and the entire Joint Chiefs of Staff. Those wanting an attack, he says, are the deputy national-security adviser for global democracy strategy, Elliott Abrams; Vice President Dick Cheney, “and the hard-line Israel lobby.”
Bombing Iraq is how Israel scotched Saddam Hussein’s A-bomb, in 1981. Israel is much admired for that, but preventive air attack is a high-risk strategy. It stirs hatred, and it has a large downside if it fails.
Diplomacy is lower-risk, especially if there is time for it. Johns goes further, arguing against an attack even if diplomacy fails. “Even if Iran got nuclear weapons,” he says, “they’re not going to commit suicide by using them.”
There may be other pretexts for war. On Jan. 6 came an incident of Iranian speedboats zipping around U.S. Navy ships in a provocative way. It could have been another Gulf of Tonkin incident.
What would it take to have a war with Iran? Stephen Kinzer, a former New York Times correspondent and author of “All the Shah’s Men” (2003), was also part of the peace delegation here. He says it might just take a decision. “The possibility of an attack is real,” he says, and notes that President Bush would not need a vote of Congress.
Air attack is an act of war. At least, Americans thought so in 1941. But despite the Constitution granting the war power to Congress, in Vietnam (1964), Kuwait (1990) and Iraq (2002) our presidents have asked Congress for permission to make war only when they expected major fighting on the ground. Even to invade Iraq, George W. Bush said he did not need permission and asked for it only after Congress, and the public, raised an outcry.
In 1999, President Clinton conducted a 78-day air war against Serbia even though the House deadlocked 213-213 on a resolution supporting it, and the Senate never voted at all. Clinton didn’t care; his position was that he didn’t need permission for an air war.
What matters is not only the Constitution; it is the outcry. Government does what it can get away with — and in the last year of the Bush presidency, it is still an open question how much that is.
http://seattletimes.nwsource.com/html/bruceramsey/2004190453_rams20.html
Kyrgyzstan will demand U.S. close airbase – eventually
Kyrgyzstan will demand U.S. close airbase – eventually
21/ 02/ 2008
MOSCOW, (RIA Novosti) -
Kyrgyzstan is to eventually demand that the United States close down its airbase in the country, the Central Asian republic’s president said on Wednesday, without giving a firm date.
The U.S. Ganci airbase at Manas airport, located 30 kilometers (17 miles) east of Bishkek, accommodates 1,000 U.S. troops along with nine refueling and cargo planes supporting antiterrorism operations in Afghanistan.
“We will eventually raise the issue of its closure. That’s for certain,” Kurmanbek Bakiyev said in an interview with RIA Novosti and Russia Today.
Kyrgyz Finance Minister Tazhikan Kalimbetova disclosed earlier this month that Washington pays $17.5 million each year in rent.
Although Russia has encouraged Bishkek to demand the withdrawal of American troops, the impoverished nation of five million needs U.S. support and the military base has generated jobs and is a strong contributor to the Kyrgyz economy.
Russia established in October 2003 its own airbase in Kant, about 20 miles west of the Kyrgyz capital. The Russian base currently deploys about 400 troops, as well as 20 combat and transport planes, helicopters, and L-39 trainers.
Kalimbetova said Kyrgyzstan has not charged Russia, and has no plans to impose charges for the use of the Kant airbase, because the Russian troops are stationed at Kant under an agreement in the framework of the Collective Security Treaty Organization (CSTO) – a regional security bloc in Central Asia, which also includes Armenia, Belarus, Kazakhstan, Tajikistan and Uzbekistan.
Furthermore, Kyrgyzstan’s debt to Russia totals $184 million, and in these circumstances, it would be rather “inappropriate” to demand rent, the minister said.
Exclusive: U.S. urges Pakistanis to keep Musharraf, despite election defeat
Exclusive: U.S. urges Pakistanis to keep Musharraf, despite election defeat
By: Jonathan S. Landay and Warren P. Strobel | McClatchy- via Rubber
on: 21.02.2008
ISLAMABAD, Pakistan- The Bush administration is pressing the opposition leaders who defeated Pakistani President Pervez Musharraf to allow the former general to retain his position, a move that Western diplomats and U.S. officials say could trigger the very turmoil the United States seeks to avoid.
U.S. officials, from President Bush on down, said this week that they think Musharraf, a longtime U.S. ally, should continue to play a role, despite his party’s rout in parliamentary elections Monday and his unpopularity in the volatile, nuclear-armed nation.
The U.S. is urging the Pakistani political leaders who won the elections to form a new government quickly and not press to reinstate the judges whom Musharraf ousted last year, Western diplomats and U.S. officials said Wednesday. If reinstated, the jurists likely would try to remove Musharraf from office.
Bush’s policy of hanging on to Musharraf has caused friction between the White House and the State Department, with some career diplomats and other specialists arguing that the administration is trying to buck the political tides in Pakistan, U.S. officials said.
Officials in the White House and the intelligence community fear that the longer Pakistan remains without a new government, the deeper the gridlock, threatening the progress made in the elections toward greater stability and helping the country’s Islamic extremists.
One Western diplomat said, however, that the strategy could backfire if Pakistanis feel betrayed after voting to kick Musharraf from office.
“This is dangerous,” said the diplomat.
The officials spoke to McClatchy on condition of anonymity because they weren’t authorized to discuss internal government debates.
The effort to persuade Pakistan’s newly elected parliament not to reinstate the judges could be perceived in Pakistan as a U.S. attempt to keep Musharraf in power after voters overwhelmingly rejected his Pakistan Muslim League-Q political party.
“There is going to be an uprising against the people who were elected” should opposition parties agree to the plan, warned Athar Minallah, the lawyer of ousted Chief Justice Iftikhar Chaudhry, whom Musharraf has under house arrest.
A close aide to Nawaz Sharif, whose Pakistan Muslim League-N party won the second highest number of seats in the 342-seat National Assembly, said the former prime minister is under growing Western pressure to drop his demands for Musharraf’s immediate resignation and the reinstatement of Chaudhry.
“The suggestion has been there from Western countries for some time,” said the aide, who requested anonymity because of the sensitivity of the issue. “We are not willing to compromise on our stance. It would be against the interests of the Pakistani people.”
There may also be personal reasons for Sharif’s demands: He was ousted as prime minister when Musharraf led a 1999 coup against him.
The Bush administration has long praised Musharraf as an “indispensable” ally against al Qaida and Islamic radicals waging a guerrilla war and suicide bombing campaign from the tribal region bordering Afghanistan.
Bush, traveling in Africa, on Wednesday expressed appreciation for Musharraf.
“It’s now time for the newly elected folks to show up and form their government, and the question then is, will they be friends of the United States, and I certainly hope so,” he said at a news conference in Ghana.
But many Pakistanis consider Musharraf a U.S. puppet for stepping up counter-insurgency operations in the tribal areas that have claimed the lives of women and children.
Experts cite that cooperation as a key reason for the devastating losses suffered by Musharraf’s political allies, who retained only 38 of 132 National Assembly seats.
The party backed Musharraf’s ouster of Chief Justice Chaudhry, the arrests of thousands of critics, the muzzling of the independent press and a state of emergency last year.
Sharif’s calls for Musharraf’s ouster and the reinstatement of the judges are shaping up as the main hurdles to the formation of a coalition government between his party and the Pakistan Peoples Party of assassinated former Prime Minister Benazir Bhutto. That party won the largest share — but not a majority — of National Assembly seats.
Bhutto’s widower, Asif Ali Zardari, who assumed the party leadership after his wife’s death in a Dec. 27 suicide bombing, is noncommittal on Musharraf’s resignation, and said the reinstatement of the judges should be left to the new assembly to decide.
Zardari and Sharif were scheduled to hold talks on forging a coalition in Islamabad on Thursday, a day after Zardari met U.S. Ambassador to Pakistan Anne W. Patterson and a U.S. diplomat in Lahore held talks with Sharif’s brother, Shabaz.
The parties shouldn’t become fixated on the confrontation between Musharraf and the judges, said one Western diplomat.
“It’s not a good idea to have some kind of upset that could lead to new instability,” said the second diplomat.
Zardari appears to be receptive to the plan. He said Tuesday that the new government should proceed with “softer, small steps.”
His aides also indicated that the party could explore a coalition without Sharif if he refused to embrace the U.S. plan, saying it might be possible to forge one by bringing in moderate members of the pro-Musharraf party, independents and regional parties.
“There are moderate elements within the Q League. All options are open at this point,” said Javaid R. Laghari, a senior PPP senator.
(Strobel reported from Washington.)
McClatchy Newspapers 2007
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